Au Japon, la compétition scolaire dès la maternelle

Au Japon, la sélection scolaire débute dès la maternelle. La compétition est donc violente pour accéder aux meilleurs établissements.

Un documentaire d'Anthony Dufour, François Cauwel et Mathias Lavergne pour Hikari Films et France Télévision.



Portrait de Riensdutout

Mouais...
Comme d'habitude avec ce genre de reportage, à nuancer, tempérer, modérer...
Beaucoup de ''les'' à remplacer par ''certains/certaines/quelques/il existe/etc''.
''Au Japon'' à remplacer par ''Dans quelques grandes villes japonaises''.
Etc, etc.

Néanmoins assez juste sur le rôle de la mère au Japon et intéressant sur le mode de sélection basé en partie sur la discipline et le rapport en société.
En comparaison des autres écoles, ces ''maternelles supérieures'' ne perdent donc pas de temps à en faire de bons citoyens japonais (une des priorités non dissimulée de l'éducation nationale en maternelle et au primaire).
Bref, autant de temps de gagner pour d'autres apprentissages...



Portrait de achan

Intéressant même si comme dit Riensdutout ça donne un peu l'impression que le Japon se limite aux salarymans, et même plutôt le haut du panier. Couple type: papa chirurgien et maman pianiste concertiste... Mais pour une vidéo en 13 minutes c'est bien fait.

Pour qui a lu les écrits de Bourdieu sur la reproduction sociale et les héritiers, c'est encore plus intéressant. Sauf que la ou Bourdieu décrit un système insidieux, dont les acteurs eux même n'ont pas bien conscience, ici tout est carrément explicite.

On choisit pour ces maternelles qui ouvrent les portes des meilleures universités (pourvu que Papa allonge chaque année le bon nombre de zéros sur le chèque) et donc trustent les meilleures carrières les enfants pas forcement les plus doués mais les plus bon chic bon genre, avec une maman qui a les moyens de s'en occuper a temps plein et un papa qui peut payer les classes prepas a 10000 yens l'heure et demi. A 03:30, on ne peut pas être plus explicite.

La cerise sur le gâteau est que comme c'est un concours, il suffit de faire oublier comme la compétition est biaisée pour pouvoir dire que ce sont "les meilleurs" qui réussissent.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de lejloup

Waouh ! ça fait peur ! Surtout quand j'entends les parents parler ! Après on s'étonne pourquoi le Jimintō fait encore des adeptes !

Je rajouterai encore autre choses aux commentaires ci dessus :

1 : C'est là qu'on voir que Tokyo, c'est pas vraiment le Japon, ou plutôt que c'est le Japon poussé à l'extrême, une caricature, notamment pour ces classes sociales (chirurgiens, etc...) Il n'y a pas ça dans les villes normales du Japon, même chez les classes aisées (remarque, là ils envoient leurs enfants à l'étranger)

2 : Comment les parents peuvent dire "mon enfant sera entouré d'autres enfants qui auront les même s objectif que lui" ?!!! C'est pas les objectifs des enfants, c'est les objectifs des parents !!!
Et c'est là, que ça fait vraiment peur... Comme le dit achan, c'est du Bourdieu poussé à son paroxysme !

Pauvres enfants...



Portrait de TVIP

Il n'est pas mauvais, notre famille n'est pas mauvaise, je crois que notre profil ne correspondait pas à l'école c'est tout".

Elle résume très bien la situation, mais dans ces reportages on ne va jamais au fond des choses. En fait pour rentrer dans ces écoles les bons résultats de l'enfant ce n'est pas ça l'essentiel. On veut rester entre soi et on fait tout pour. Evidemment si un enfant a des résultats brillants il sera pris, mais tous les enfants travaillent dur et des petits génies qui mettent tout le monde d'accord ça ne forme pas le gros des effectifs. Alors comment sont choisis les autres:

-Recommandations
-Réseaux
-Aura ou influence de la famille
-Un ainé est déjà passé par l'école etc...

Et c'est comme cela qu'on a des situations surréalistes ou un enfant de 3 ans ne sachant pas encore parler (= sérieux retard et surement que plein d'enfants recalés ont mieux réussi les tests que lui) et incapable de se tenir tranquille ou de suivre une directive, est accepté à la Gakushuin (école très sélecte où n'importe qui ne peut pas rentrer. C'est là où les enfants de la famille impériale font leur scolarité sauf que maintenant c'est ouvert même aux non aristocrates). La raison est que son père est un magna de la presse et qu'il est richissime.
Mais lui au lieu de voir ça voit que son fils est hyper intelligent (surement qu'il l'est et surement qu'il parle sans problème maintenant) car il a été accepté dans l'école.

C'est juste dommage que des familles entières perdent du temps et de l'argent pour aller dans ce genre d'écoles. Une école soit disant d'élite qui accepte un enfant ne sachant pas encore parler n'est plus une école d'élite et surtout les examens ne sont pas fiables.



Portrait de slv

- « En moins de deux générations, l'ancienne stratification sociale fondée sur l'hérédité des statuts individuels, fit place à une stratification largement commandée par le niveau d'éducation. Mais entre éducation et endoctrinement, la frontière est souvent ténue, nous pouvons le constater également pour ce qui est de l'histoire du système éducatif français (patriotisme, révisionnisme). Au lieu d'apprendre à penser, l'école indiquait aux jeunes ce qu'il fallait penser. Elle formait des sujets dociles acquis à l'orthodoxie officielle. L'effort machinal de mémorisation nécessaire pour maîtriser le système d'écriture, contribuait en outre à développer la passivité d'esprit. Le Japon a le triste privilège d'avoir été le premier pays au monde à utiliser les techniques totalitaires de conditionnement mental et à transformer l'école en instrument du Pouvoir. »

— Edwin O. Reischauer, Histoire du Japon et des Japonais, tome 1, Editions du Seuil, Collection Points Histoire, 1973, 251 p. (ISBN 978-2-02-000675-0)
De 2003 à 2007, selon l'OCDE, le Japon a été chaque année l'un des deux pays parmi ses membres qui ont le moins investi dans l'éducation par rapport à son PIB[1]." - trouvé dans Wikipédia.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de slv

Documentaire intéressant pour ceux qui ne connaissent le Japon que de l'étranger mais qui ne parle que d'une catégorie de la population urbaine japonaise, il aurait été intéressant de montrer le parallèle avec d'autres familles vivant en province et dans de petites villes et bien sur d'autres catégories sociales.
Le problème des reportages comme celui ci est de fabriquer des stéréotypes tenaces.
Ce qui me frappe souvent quand je vois les enfant japonais c'est une gaité triste et une grande solitude, les uns à côté des autres mais pas avec les autres. Ils reproduisent en fait le modèle des adultes ou bien se sont les adultes qui ne le deviendront jamais et qui stagnent à l'âge de 12 ans.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de achan

"De 2003 à 2007, selon l'OCDE, le Japon a été chaque année l'un des deux pays parmi ses membres qui ont le moins investi dans l'éducation par rapport à son PIB"

Seulement pour l'argent public ou ça prend en compte les tombeaux d'argent que les parents déversent dans les écoles privées ?

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de slv

Seulement l'argent public. Les politiciens, la haute et moyenne haute classe s'en foutent, tous leurs enfants sont dans le privé.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Yann

Il est clair qu'un reportage est toujours stéréotypé... Mais ce qu'on voit c'est la réalité de beaucoup de japonais. Certes à des degrés différents, suivant la vie, le niveau social, etc. Mais cette obsession parentale à la compétition des enfants, c'est assez bien généralisé.



Portrait de Gilles Patrick

Bonjour,
Peut-on penser que ce système éducatif, aussi compétitif qu'il soit, soit finalement une projection de ce qu'est la vie en société : compétition quotidienne et élimination des fainéants, incompétents, et promulgation des riches, des influents, dans le circuit éducatif...?
Ainsi qu'un conditionnement "à l'effort" qui se perd dans le pays de France, par exemple ? (il suffit de voir le rythme scolaire français, et le rythme de travail en société, pour faire un rapprochement...)
Il y avait encore quelques temps, on voyait dans les collèges japonais la statue de Ninomiya Kinjirou pour rappeler "l'effort" et ses résultats positifs (bien qu'on ait fini par ôter cette statue sous prétexte que de nos jours, il est dangereux de lire en marchant dans la rue !)... C'est ce qui nous manque en France,l'idée "d'effort" est une idée qui se perd au sein éducatif (allègement des programmes scolaires, des devoirs, protection de la sensibilité des élèves en supprimant les notes,etc.)... Le résultat est probant : plus d'un tiers des étudiants arrivent au bac sans savoir écrire ou compter correctement...
Je ne suis pas d'accord avec les propos de Edwin O. Reischauer quand il dit que "...Elle formait des sujets dociles acquis à l'orthodoxie officielle. L'effort machinal de mémorisation nécessaire pour maîtriser le système d'écriture, contribuait en outre à développer la passivité d'esprit..."
Selon se M. faire bosser sa mémoire, son cerveau, amène à l'abrutissement; la passivité ? Si cela est, tous les systèmes éducatifs sont obsolètes et l'on doit retourner à un système sociétaire sans éducation afin d'aiguiser l'intelligence et la personnalité...
:-)



Portrait de loulou

Pour la citation Edwin O. Reischauer, "je crois" qu'il dénonce ce système qui brise l'individu pour le faire rentrer dans le moule. A titre personnel, je trouve que la société japonaise subie beaucoup de chose sans broncher, avec beaucoup de passivité justement.



Portrait de TVIP

"qu'un conditionnement "à l'effort" qui se perd dans le pays de France, par exemple ? (il suffit de voir le rythme scolaire français, et le rythme de travail en société, pour faire un rapprochement...)"

Les élèves français font partis de ceux qui passent le plus d'heures à l'école, très loin devant le Japon, à cela il faut rajouter le temps des devoirs à la maison et ce dès le CP contrairement à d'autres pays (Japon). Possibilité de redoublement contrairement à d'autre pays (Japon) et ça continue comme ça jusqu'à la fin des études. Il ne suffit pas de passer un concours (QCM) de temps en temps puis de se laisser porter par le système comme dans d'autres pays (Japon). Voir la journée type d'un élève français et parler d'un manque de conditionnement à l'effort? Comme dit plus haut ces enfants qu'on voit dans ce reportage ne représentent en rien la norme. C'est toujours le même cliché qu'on nous montre depuis 20 ans sur la Japon. On ne voit que ce genre de reportages en occident quand on parle du système scolaire japonais. Ces enfants auront surement des journées très soutenues même trop, les parents vont blinder chaque minute de libre avec telle ou telle activité. Rien à voir avec le quotidien du petit japonais lambda.

Ceux qui veulent faire parti de ce système, ou même d'un système moins draconien comme ceux qui demandent d'aller aux juku, kumon etc... le font par choix. Il ne s'agit en rien du système de base. Il y a 10 ans ils représentaient 40% de la population (les élites vues plus haut une poignée, puis le gros avec les juku). Donc même pas la majorité. Aujourd'hui je ne sais pas mais avec les nouvelles générations de parents qui sont de plus en plus laxistes (cools?) avec leurs enfants et ces nouvelles générations qui supportent de moins en moins ce système rigide, j'aurais tendance à dire qu'on s'en écarte (quoique il y a eu un retour vers la rigidité au milieu des années 2000).

Certes la France qui était réputée (et l'est toujours) pour le niveau de son enseignement fait n'importe quoi ces dernières années et ça se ressent sur les nouvelles générations formées. Mais il lui reste encore de la marge avant d'arriver dans les méandres où le Japon se trouve déjà. Si les écoles internationales sont en vogues en ce moment au Japon ce n'est pas seulement grâce à l'augmentation d'enfants métisses/étrangers ou pour le prestige. De plus en plus de familles 100% japonaises veulent mettre leurs enfants dans ces écoles car elles ont compris que si elle veulent que leurs enfants aient une place dans le monde de demain il faut transmettre autre chose que du formatage pour être un bon élément dans la société japonaise.

http://www.linternaute.com/actualite/monde/les-pays-champions-de-l-educa...

Plus important que de transmettre le goût de l'effort, c'est de transmettre le goût de l'efficacité. Si au bout d'un moment faire un effort n'apporte plus rien de productif, il faut savoir s'arrêter plutôt que de continuer l'effort pour un simple soucis d' apparences. Au final les résultats seront bien plus positifs.



Portrait de achan

@Gilles: le système décrit dans la vidéo (qui, comme le dit TVIP ne s'adresse qu'a une minorité) promeut exactement le contraire de la culture de l'effort (même si il prétend autrement, le bougre). Les maternelles affiliées a des ensembles scolaires sélectionnent les enfants de familles qui ont l'argent (de papa) et le temps (de maman) a consacrer au concours. A 4 ans, on peut difficilement parler d'effort ou de choix personnel, les enfants le font par ce que leurs parents les poussent au cul.

Cette formalité passée, ils ont l'assurance d'aller dans l’université liée a la maternelle sans passer les concours (c'est dit dans la video), et comme cette université est prestigieuse, ils ont l'assurance d’être embauches par une grande boite pour y faire carrière. Le tout sans plus faire d'effort: la seule condition c'est que l'argent de papa ne vienne pas a manquer. On fait plus responsabilisant comme projet éducatif.

En fait c'est du népotisme pur et dur. Apres il faut pas s’étonner si on retrouve des fils a papa incompétents a des postes a responsabilités, et si ça crée des problèmes d'immobilisme.

"Selon se M. faire bosser sa mémoire, son cerveau, amène à l'abrutissement; la passivité ?"

Dit comme ca bien sur que non, mais si la mémorisation prend le pas sur la réflexion et la compréhension, on court tout droit a l'abrutissement. Ce n'est pas une thèse de soixantehuitard: Rabelais, Platon rappelaient l'importance de faire penser les élèves par eux même plutôt que de leur faire rabâcher leurs leçons.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de Nikki2

" Le Japon a le triste privilège d'avoir été le premier pays au monde à utiliser les techniques totalitaires de conditionnement mental et à transformer l'école en instrument du Pouvoir."

Voilà un jugement modéré, tout en nuance.



Portrait de Nikki2

"En fait c'est du népotisme pur et dur. Apres il faut pas s’étonner si on retrouve des fils a papa incompétents a des postes a responsabilités, et si ça crée des problèmes d'immobilisme."

C'est pas spécifiquement japonais. On a le même phénomène en France avec les enfants de fonctionnaires, notamment de profs.



Portrait de kankei71

"Traditionnellement au Japon, élever les enfants est un rôle strictement féminin"

Ce n'est pas tant une tradition qu'une politique délibérée. Il n'y a pas de politique familiale au Japon. Ceci est un choix politique pour limiter aux femmes la possibilité d'entrer dans le marché du travail et garantir un taux national de chômage relativement bas; plein emploi = cohésion sociale. S'il n'y a pas de structures d'accueil adéquates, il faut bien qu'un parent s'occupe des enfants et en général c'est effectivement la mère. C'est une de ces traditions artificiellement créées pour les besoins de la société idéale voulue par les décideurs. Le rôle de la femme dans la société japonaise répond à une volonté politique assumée plus qu'à une tradition. C'est de l'ultra-conservatisme comme le Japon sait si bien faire. Toutefois, aujourd'hui, le Japon réfléchit à développer une politique familiale, car il craint le vieillissement de la population.



Portrait de achan

"C'est pas spécifiquement japonais. "

Judicieuse remarque. On a effectivement le même problème, et pas qu'avec les fonctionnaires ou les profs...

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de slv

Les Français ont en général comme les Japonais deux bras, deux jambes, une tête. tout n'est qu'une question de degrés qui font apparaitre les différences dans les sociétés.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Rachel

@Gilles Patrick
C'est ce qui nous manque en France,l'idée "d'effort" est une idée qui se perd au sein éducatif (allègement des programmes scolaires, des devoirs, protection de la sensibilité des élèves en supprimant les notes,etc.)...
-> Je ne sais pas où vous avez vu qu'il y avait allègement des programmes scolaires... Les programmes ont évolué mais n'ont sûrement pas été allégés. Quant au fait de supprimer les notes, ne mélangez pas tout. Ca n'enlève en rien du travail. Il s'agit simplement de faire comprendre aux élèves qu'ils travaillent pour progresser, pour acquérir des connaissances et non pas pour ramener une note qui ne veut rien dire à leurs parents. Quand je rend une copie (oui, je suis du côté obscur du monde professoral), les élèves passent leur temps à échanger la fameuse note au lieu de voir ce qu'ils ont réussi à faire et pas réussi à faire. Quant aux parents, n'en parlons pas... Combien de fois, j'ai entendu un élève qui avait des difficultés pleurer avec un 13 parce que sa mère "exigeait" 16 partout... Les notes sont ridicules. C'est pratique pour nous et pour les parents mais le jour où on passera à une évaluation qui tient compte des acquis et ne synthétise pas tout avec un simple chiffre, je pense que les élèves pourront progresser plus facilement.

"Le résultat est probant : plus d'un tiers des étudiants arrivent au bac sans savoir écrire ou compter correctement..."
-> Je ne sais même pas quoi répondre tant cette phrase est ridicule... S'ils ne savent pas écrire, ils ne peuvent pas répondre aux questions et n'ont pas le bac avec une copie blanche...
Si vous faîtes allusion au niveau d'orthographe en revanche, je suis d'accord. Le niveau a considérablement baissé. Mais le niveau des élèves dans d'autres domaines a également augmenté. Notamment en informatique. Il y a 20 ans, les élèves n'avaient pas les mêmes facilités en informatique et c'est autant de temps gagné quand ces élèves auront à utiliser l'outil informatique dans leur vie professionnelle. Avant de démarrer dans le monde du travail, certains devaient autrefois faire des stages d'informatique pour commencer à travailler. Je pense que d'ici quelques années, ils feront des stages d'orthographe pour commencer à travailler...

Pour en revenir à ce sujet, je trouve très triste de jouer sur la compétition si petit. Etre meilleur que le voisin ne signifie pas être bon. Je trouve malsain le fait de n'apprendre que pour battre les autres et non pas pour progresser soi-même. Autre chose que je regrette : le fait qu'on leur apprenne à appliquer une règle sans réfléchir. Je suis fière qu'en France, on apprenne d'abord aux enfants à réfléchir (même s'il y a des abus à cause de ça...), qu'on leur apprenne à rédiger plutôt qu'à cocher (facile ensuite de comparer les niveaux des élèves dans le monde... les asiatiques/américains seront toujours meilleurs en QCM puisque nous n'en faisons pas et que les études internationales ne portent que sur ce type d'évaluation...).

Je me pose enfin la question de l'intérêt de pousser tant de jeunes filles à faire des études puisqu'une fois maman, elles se sentent obligé d'arrêter de travailler... Faire tant d'efforts pour ne travailler que quelques années, est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Ou espèrent-elles que dans quelques années, les femmes auront plus le choix de continuer à travailler ? Je l'espère... Je ne pense pas qu'on puisse être un enfant totalement épanoui quand on voit maman qui n'a plus de vie à cause de soi et papa qu'on ne connait pas parce qu'il est toujours au travail et n'a pas d'autre vie que son boulot...



Portrait de LoNa

Dans la vidéo un parent disait qu'il serait content que ses enfants rentrent dans une prestigieuse école maternelle pour tout ce qu'on leur apprend: bien enlever ses chaussures, bien ranger, bien saluer... Donc dans une maternelle publique ils apprennent quoi? C'est la récré toute la journée? Ils n'apprennent pas aussi à enlever leur chaussures comme il faut? à ranger? à saluer? Ce qu'il citait ressemblait plutôt aux bases de l'éducation que les parents eux-même apprennent normalement à leurs enfants..au Japon surtout la mère donc..
Je ne connais pas cette école mais qqun sait si c'est aussi le genre d'école (comme dans la plupart des "kindergarten" au Japon) où les mamans doivent aussi beaucoup s'impliquer dans les activités? C'est étonnant d'ailleurs le fait de payer une école pour venir en plus y travailler et finalement apprendre soit-même en quelques sortes les règles de base de la vie en société à son enfant, et sont mal-vus ceux dont la maman ne participe pas suffisamment.. Les mamans supposées n'avoir que ça à faire, les écoles savent comment les occuper. Mais j'ai l'impression que ce système arrange bien tout le monde autant la plupart des mamans dont beaucoup semblent aussi clairement ne pas vouloir travailler.
Si tout le monde est content ils se demanderaient pourquoi changer des habitudes qui gagnent...?



Portrait de TVIP

"Donc dans une maternelle publique ils apprennent quoi?"

La société japonaise est très codifiée. On porte plus d'importance à l'image plutôt qu'au contenu. Tout n'est que paraître à tous les niveaux. Savoir s'incliner avec le bon degré était plus important que savoir bien faire son job à une époque encore pas si lointaine. Bien sûr dans les autres écoles on leur apprend les choses de base, ainsi qu'à la maison, mais dans les écoles élitistes ils sont censés apprendre tous les codes pour pouvoir bien évoluer en (haute) société. Les codes sont tellement compliqués que mêmes les adultes lambda ne les maîtrisent pas et doivent eux mêmes prendre des cours. Donc autant les apprendre dès le plus jeune âge pour avoir moins de mal après. Il est vrai que jadis c'était le rôle des parents, à une époque où maitriser ces codes étaient encore répandus.

Si vous voulez c'est un peu comme si vous envoyiez votre enfant dans une école pour qu'il maîtrise l'art de la table. Aujourd'hui plus personne ne maitrise les codes approfondis pour bien recevoir chez soi, c'est à peine si on sait comment positionner les couverts. A une époque cela faisait parti de la base de l'éducation.

Ce qu'il faut surtout relever c'est que ces écoles en gros ne servent qu'à ça. Produire de futurs bon citoyens en société. Le contenu des cours n'est pas extraordinaire comme on pourrait s'y attendre. On pourrait les comparer avec les boites à BAC. Des écoles qui coûtent les yeux de la têtes, qui oui enseignent les bonnes manières mais qui au niveau scolaire sont souvent médiocres. (Comme il y a souvent des pensionnats ça sert aussi pour pas avoir son enfant dans les pattes). Pour y entrer la sélection est rude aussi, il faut que les parents aient le bon profil et le bon compte en banque. Au final ces enfants mêmes s'ils ont un niveau médiocre on les reverra à de bons postes grâce au merveilleux réseau auquel ils appartiennent.

Mais contrairement aux boîtes à BAC françaises ou même aux grandes écoles, ces écoles ont une image prestigieuse et le simple fait d'en faire parti est le passeport qui ouvre toutes les portes. Bidule vient de la même école que l'empereur,c'est sugoi hop on l'embauche.
Durant les entretiens d'embauche les critères de sélections ne sont pas les mêmes.



Portrait de JIM

Je trouve bizarre de parler de népotisme. Effectivement c'est un système qui empêche le renouvellement des élites, mais en même temps on parle d’écoles privés dont le but principale est de gagner de l'argent, remplir leurs écoles avec les meilleurs élèves possibles, et ainsi assurer la renommée de l’école pour attirer les meilleurs profiles. Donc les écoles privés sont antagonistes a la notion d'ascenseur sociale. Il faudrait se tourner vers le système publique pour juger.
La sélection se fait des les frais de scolarité annoncés soit 10000 euros l’année. Au bas mot il faudra dépenser au minimum 180000 euros pour le cursus de l'enfant. Ensuite comme tout le monde l'a déjà dit, il est impossible d’évaluer le potentiel d'un enfant de 3-4 ans, donc le plus intelligent pour sélectionner les enfants est de sélectionner les parents. Car en premier lieu ils seront en mesure de payer les frais de scolarité, et techniquement sera dans un milieu ou l'enfant devrait être le plus stimulé.
Pour Keio, les critères sont je crois, que le père soit sorti de Keio ou d'une université équivalente, qu'il travaille dans une entreprise cotée en bourse, que la mère ne travaille pas, qu'ils vivent dans des quartiers adéquates, qu'ils connaissent le code vestimentaire adéquate etc.
Ce qui est dommage dans ce reportage, c'est qu'ils ne parlent pas des formations pour les parents, car quand l'enfant sera accepté dans ces "écoles prestigieuses", les parents, tout du moins la mère, devront suivre des cours pour apprendre le code de conduite de parents, la tenue vestimentaire, les marques de vêtements, les manières etc qui sied a l’école. Bref la on touche le fond.



Portrait de Nikki2

"Ce n'est pas tant une tradition qu'une politique délibérée. Il n'y a pas de politique familiale au Japon. Ceci est un choix politique pour limiter aux femmes la possibilité d'entrer dans le marché du travail et garantir un taux national de chômage relativement bas; plein emploi = cohésion sociale. S'il n'y a pas de structures d'accueil adéquates, il faut bien qu'un parent s'occupe des enfants et en général c'est effectivement la mère. "

Ou alors les femmes ne font pas d'enfants pour pouvoir travailler, gagner de l'argent, être indépendante et consommer.



Portrait de Nikki2

"Si vous voulez c'est un peu comme si vous envoyiez votre enfant dans une école pour qu'il maîtrise l'art de la table. Aujourd'hui plus personne ne maitrise les codes approfondis pour bien recevoir chez soi, c'est à peine si on sait comment positionner les couverts. A une époque cela faisait parti de la base de l'éducation."

C'est parce que c'est en général le seul moyen de distinction entre des parasites oisifs, gavés d'argent parce qu'ils font trimer des larbins à leur place. Un ouvrier n'a pas besoin de maîtriser le savoir vivre.



Portrait de Nikki2

" Je ne sais pas où vous avez vu qu'il y avait allègement des programmes scolaires... Les programmes ont évolué mais n'ont sûrement pas été allégés. Quant au fait de supprimer les notes, ne mélangez pas tout. Ca n'enlève en rien du travail. Il s'agit simplement de faire comprendre aux élèves qu'ils travaillent pour progresser, pour acquérir des connaissances et non pas pour ramener une note qui ne veut rien dire à leurs parents"

Qui veut rien dire ? Ben si t'es nul t'as zéro, si t'es bon t'as vingt. Si on ne classe plus les performances, on ne peut pas évaluer, s'évaluer. C'est bien gentil les conneries de hippies pédagogiques, mais une fois dans le monde réel, le monde du fric, si t'es une fraise ben t'es giclé sans procès. Cette idéologie de couveuse rend les enfants attardés et quand ils se confronteront au réel, qui est intégralement compétitif, ils se vautrent. Sauf peut être dans les états socialistes où ça sert à rien de bosser, de suer et d'essayer d'être meilleur parce que t'as rien de plus, donc vaut mieux tirer au flanc. Je croyais que le cas de l'URSS avait été suffisamment éclairant, visiblement non.

"Si vous faîtes allusion au niveau d'orthographe en revanche, je suis d'accord. Le niveau a considérablement baissé. Mais le niveau des élèves dans d'autres domaines a également augmenté. Notamment en informatique. Il y a 20 ans, les élèves n'avaient pas les mêmes facilités en informatique et c'est autant de temps gagné quand ces élèves auront à utiliser l'outil informatique dans leur vie professionnelle. Avant de démarrer dans le monde du travail, certains devaient autrefois faire des stages d'informatique pour commencer à travailler. Je pense que d'ici quelques années, ils feront des stages d'orthographe pour commencer à travailler..."

On pourrait ajouter aussi le niveau de téléphonie. C'est sûr que déconner trois plombes sur son "smartphone" à 16 ans, les ingénieurs de 1955 en étaient incapables. Tapoter des trucs abrégés en langage SMS sur Facebook ou mater le dernier clip de R'n B made Los Angeles sur youtube, un docteur en physique en était de même incapable en 1960. Par contre ces gens, et même les autres au niveau d'études plus modeste, pouvaient écrire un français de qualité. C'était dans ces temps reculés un critère d'éducation et d'instruction. Après faut voir les priorités, c'est un choix de société voire de civilisation. Peut être que savoir écrire correctement en français sur un blog est aussi utile que sur une feuille, enfin je dis ça comme ça. Logiquement, on peut se demander de l'utilité de demander à des étudiants en Sciences Humaines de faire des dissertations de 12 pages sur un sujet, s'ils ne sont pas foutus de maîtriser la syntaxe. C'est vrai qu'il y a quelques nazis qui croient encore que la qualité du raisonnement tient aussi pour partie dans la maîtrise de la langue utilisée.

"Je ne pense pas qu'on puisse être un enfant totalement épanoui quand on voit maman qui n'a plus de vie à cause de soi et papa qu'on ne connait pas parce qu'il est toujours au travail et n'a pas d'autre vie que son boulot..."

Compte tenu du fait que sur terre des dizaines de millions de gosses crèvent de faim, ceux-là devraient pouvoir survivre et même s'estimer heureux de n'avoir que ce genre de soucis.



Portrait de Nikki2

"Mais contrairement aux boîtes à BAC françaises ou même aux grandes écoles, ces écoles ont une image prestigieuse et le simple fait d'en faire parti est le passeport qui ouvre toutes les portes."

Ouai pour les ploucs. Sinon les types qui veulent un peu gazer, ils font des études à l'étranger pour faire quelque chose après.



Portrait de achan

@JIM: "Nepotisme" est effectivement peut être pas le mot exact parce que ça renvoie a un comportement individuel plutôt qu'a des structures, a un système. Mais l’idée est quand même bien la: favoriser les gosses de bonne famille pour leur permettre l’accès au même niveau de vie que leurs parents sans avoir a entrer en compétition, ou alors de manière très biaisée en leur faveur, avec la plèbe. Le tout en sauvegardant les apparences (le fameux "concours" avec résultats anonymisés affichés au mur) pour légitimer cet état de fait puisque même ceux qui s'en trouvent exclus considèrent que ce sont les "meilleurs" qui réussissent. Le tout étant de savoir "meilleur en quoi".

Alors oui, ce sont des écoles privées, et on ne peut pas s'attendre a ce qu'elles se comportent autrement. Elles font ce qu'il est logique de faire dans leur situation et confrontées aux enjeux qui sont les leurs. Néanmoins l'effet est bien la. On trouvera toujours des gens pour défendre ce genre de statu quo social, mais je trouve énervant d'aller après prétendre que le Japon est une méritocratie comme le font mes boss (le pire étant qu'ils sont sans doute sincères).

Ce qui me désole c'est que les gens se laissent facilement berner par ça. Même si il faut se méfier des cas particuliers, je connais 2 collègues qui ont fait le fameux cursus Keio depuis la maternelle: un test a 3 ans qui incluait surtout de tester le compte en banque de papa, et aucune sélection jusqu’à l'embauche qui s'est passée comme sur des roulettes. Mais les collègues du même age qui ont du bosser dur, faire une année de ronin (équivalent des 5-demis en France) en faisant des petits boulots, pour venir d’universités moins réputées n’intègrent pas cet état de fait: pour eux le type vient de Keio, c'est normal qu'il aie réussi a chopper le même boulot qu'eux et quand il obtiendra les promotions plus vite, ils trouveront ca normal en disant "sasuga keio da na".

Finalement, la plus grosse différence avec du népotisme, c'est que cet effet tire sa puissance, non pas de tel ou tel individu influent, mais en premier lieu des gens qui en subissent les désagréments, qui le légitiment en acceptant sans sourciller l’idée qu'un type qui sort de Keio est plus malin qu'eux.

Si on voulait changer quelque chose, on pourrait développer l'offre éducative publique pour concurrencer le prive, ou réglementer les établissement prives pour interdire les cursus sans concours comme celui de Keio. Et puis surtout faire l'effort de prendre conscience des traits et aptitudes que ce système valorise réellement. En gros même si j'aime pas ca il va falloir apprendre a vivre avec parce que c'est pas prêt de changer.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de slv

Non Achan ce n'est pas près de changer car ce sont les principales valeurs prônées par la socioculture japonaise. La société à conditionné le peuple à accepter l'inégalité de droit comme naturelle, elle a conditionné les japonais à accepter leur sort sans se plaindre ( le fameux gaman suru), à persévérer ( ganbarimasu) même dans l'erreur. C'est en cela qu'elle est la forme la plus proche de la dystopie du "meilleur des mondes".
Le Japon a changé de look pour avoir l'air aussi moderne que l'Occident mais il reste profondément clanique, tribal. C'est une triste farce.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de slv

Conformisme et formalisme sont les deux mamelles que les japonais tètent dès le berceau.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Rachel

@Nikki2 :
"Qui veut rien dire ? Ben si t'es nul t'as zéro, si t'es bon t'as vingt."

-> Ce qui est bien, c'est que c'est tout en nuance... Je n'ai jamais eu personne qui ait eu 0, peu qui ont eu 20... Quid des autres ? Ce que je peux dire, c'est que suivant ce que tu évalues, un 20 peut être juste le fait qu'un élève "recrache" parfaitement son cours sans pour autant le comprendre et ne traduit pas pour autant un niveau.

" Si on ne classe plus les performances, on ne peut pas évaluer, s'évaluer."

-> Pas d'accord. Dans le monde du travail, une fois qu'on bosse, on demande à avoir des compétences dans ce qu'on fait, pas être meilleur que son voisin... Je ne remets pas en cause l'évaluation qui est essentielle, mais son mode de notation.

"C'est bien gentil les conneries de hippies pédagogiques, mais une fois dans le monde réel, le monde du fric, si t'es une fraise ben t'es giclé sans procès. Cette idéologie de couveuse rend les enfants attardés et quand ils se confronteront au réel, qui est intégralement compétitif, ils se vautrent. "

-> Encore une fois, dans le monde du travail, on n'évalue personne suivant une note. On le note suivant les compétences demandées et sa façon de réaliser son travail. Personne n'est noté.

"Sauf peut être dans les états socialistes où ça sert à rien de bosser, de suer et d'essayer d'être meilleur parce que t'as rien de plus, donc vaut mieux tirer au flanc. Je croyais que le cas de l'URSS avait été suffisamment éclairant, visiblement non."

-> ??? On parlait juste d'évaluer sans note... Je ne vois pas le rapport avec l'URSS...

"On pourrait ajouter aussi le niveau de téléphonie. C'est sûr que déconner trois plombes sur son "smartphone" à 16 ans, les ingénieurs de 1955 en étaient incapables. Tapoter des trucs abrégés en langage SMS sur Facebook ou mater le dernier clip de R'n B made Los Angeles sur youtube, un docteur en physique en était de même incapable en 1960."

-> Savoir taper un sms ne sert à rien dans le monde du travail. En revanche, savoir se servir d'un ordinateur est essentiel. C'est ce que j'ai dit dans mon message plus haut, merci de ne pas le déformer.

"Par contre ces gens, et même les autres au niveau d'études plus modeste, pouvaient écrire un français de qualité. C'était dans ces temps reculés un critère d'éducation et d'instruction. Après faut voir les priorités, c'est un choix de société voire de civilisation. Peut être que savoir écrire correctement en français sur un blog est aussi utile que sur une feuille, enfin je dis ça comme ça."

-> Oui avant, les gens (globalement) savaient écrire sans faute. Mais quand ils étaient confrontés pour la première fois à un ordinateur à 30 ou 40 ans, les résultats étaient catastrophiques et il fallait des mois et des mois pour les former et arriver à ce qu'ils maitrisent cet outil. Aujourd'hui, c'est autant de temps gagné que les jeunes qui démarrent dans la vie courante pourront mettre à profit pour s'améliorer en orthographe. La sélection se fera là-dessus également dans quelques années pour obtenir un emploi...

"Compte tenu du fait que sur terre des dizaines de millions de gosses crèvent de faim, ceux-là devraient pouvoir survivre et même s'estimer heureux de n'avoir que ce genre de soucis."

-> Ca c'est un argument imparable, bravo... Si tu veux faire une comparatif de ce qui est pire pour un enfant, vas-y. Oui il y avait pire que ces femmes qui n'avaient pas le droit de vote ou qui n'avaient pas le droit d'avorter... Mais je suis bien contente de vivre dans un pays qui ne s'est pas dit : "Bah de quoi elles se plaignent, elles ont quand même à bouffer non ?".

Bref, je te laisse à tes idées de "La vie c'était mieux avant". La vie n'est ni meilleure ni pire qu'avant, elle a évolué. Avec ses avantages et ses inconvénients. Et j'espère qu'elle continuera à évoluer à l'école, en évaluant différemment les élèves.



Portrait de Nikki2

"Ce qui est bien, c'est que c'est tout en nuance... Je n'ai jamais eu personne qui ait eu 0, peu qui ont eu 20... Quid des autres ? Ce que je peux dire, c'est que suivant ce que tu évalues, un 20 peut être juste le fait qu'un élève "recrache" parfaitement son cours sans pour autant le comprendre et ne traduit pas pour autant un niveau."

Bah alors c'est de la faute de celui qui évalue, parce qu'il n'est pas foutu de concevoir une épreuve qui justement permet de jauger l'intégration des connaissances et leur utilisation. Ca ne remet pas en cause le principe même de l'évaluation. Donc quand t'es nul t'as zéro, quand t'es bon t'as vingt et quand t'es médiocre, t'as dix. Le principe, depuis tant de décennies d'usage, est il me semble assez facile à comprendre.

"Pas d'accord. Dans le monde du travail, une fois qu'on bosse, on demande à avoir des compétences dans ce qu'on fait, pas être meilleur que son voisin... Je ne remets pas en cause l'évaluation qui est essentielle, mais son mode de notation."

Les compétences ne servent à rien si elles ne produisent rien. C'est donc la productivité qui est LE critère essentiel pour un poste donné. Et là on va voir s'il y a des tire-au-flanc, des nuls ou des gens brillants. Et en fonction les virer, les garder ou les promouvoir. La note, c'est la productivité rapporté au savoir scolaire.

"Encore une fois, dans le monde du travail, on n'évalue personne suivant une note. On le note suivant les compétences demandées et sa façon de réaliser son travail. Personne n'est noté."

Il y a des entreprises où on est noté. En outre, n'importe quel patron évalue son employé et les employés entre eux s'évaluent, pour une raison simple : personne n'aime bosser deux fois plus qu'un autre à salaire équivalent. Et ça se traduit, d'une façon ou d'une autre, par un classement des bons et des nuls, tantôt par des notes internes, tantôt par des remarques ouvertes.

"On parlait juste d'évaluer sans note... Je ne vois pas le rapport avec l'URSS..."

En URSS, comme tout le monde était "égal" sur le papier, personne n'en foutait une. Esprit d'initiative détruit, assistant, déresponsabilisation, avec au final l'effondrement du système entier. La culture du refus de la compétition, de l'affrontement même mène tout simplement à rien. La vie est un combat, c'est comme ça, autant l'intégrer tout de suite plutôt qu'à ses frais et au prix de douloureuses désillusions.

"Savoir taper un sms ne sert à rien dans le monde du travail. En revanche, savoir se servir d'un ordinateur est essentiel. C'est ce que j'ai dit dans mon message plus haut, merci de ne pas le déformer"

Appuyer sur "on/off", aller sur le net ou écouter un MP3 ne relève pas de "compétences techniques". Maîtriser un logiciel d'architecture si. De plus, par définition, si tout le monde peut se servir d'un ordinateur, ce n'est plus une qualification offrant un débouché, c'est à dire une connaissance spécifique.

"Ca c'est un argument imparable, bravo... Si tu veux faire une comparatif de ce qui est pire pour un enfant, vas-y. Oui il y avait pire que ces femmes qui n'avaient pas le droit de vote ou qui n'avaient pas le droit d'avorter... Mais je suis bien contente de vivre dans un pays qui ne s'est pas dit : "Bah de quoi elles se plaignent, elles ont quand même à bouffer non ?"

C'est surtout une réalité. Faut arrêter de s'inventer des cas de conscience qui n'en sont pas et qui, à l'avenir, en seront encore moins. En Afrique, y'a 100 gosses dans une baraque qui écoutent en silence le maître qui n'a qu'une boîte de craies. En France, on pleure sur des délires pédagogiques qui confine au gâtisme.

"La vie n'est ni meilleure ni pire qu'avant, elle a évolué. "

Ah ah, genre quand t'étais un serf au moyen âge la vie n'était "pas pire" mais "différente". Paye ton barratin.



Portrait de Nikki2

"Si on voulait changer quelque chose, on pourrait développer l'offre éducative publique pour concurrencer le prive"

Comme si le public ne subissait pas les affres du népotisme, du piston et autres phénomènes de chasse gardée. Un prolétaire reste prolétaire, que ce soit dans une école publique élitiste, ou bien un établissement privé.

"Le Japon a changé de look pour avoir l'air aussi moderne que l'Occident mais il reste profondément clanique, tribal. C'est une triste farce."

Il ne vous est pas venu à l'esprit que c'est tout simplement le rapport au monde japonais ? De la même façon, ne vous est-il pas venu à l'esprit que l'individualisme moderne libéral propre à l'Europe de l'Ouest - depuis cent ans seulement précisons-le - n'était pas par définition la seule voie possible ? Que cette société ne vous convienne pas, c'est une chose qui peut s'entendre, mais de là à la juger d'un bloc comme "une sinistre farce", voilà qui témoigne d'une belle arrogance ethnocentrique.

La structure ethno-collectiviste japonaise a ses avantages propres comme ses défauts. Il en va de même de l'individualisme occidental. Sur la longue durée on verra lequel tient le plus longtemps.



Portrait de slv

Nikki2. Au lieu de vous épancher sur mon insignifiante personne en trouvant que je témoigne d'une belle arrogance ethnocentrique vous feriez mieux d'étayer vous arguments et au moins me citer correctement. J'ai écrit "triste farce" et non "sinistre farce" ce qui n'est pas exactement la même chose.
Le conformisme et l'individualisme ne sont dans l'ordre ni une spécificité japonaise ni occidentale et qui plus est l'un et l'autre ont toujours existé dans toutes les formes des sociétés et cultures car ils sont l'un et l'autre le moteur de l'évolution des civilisations. Veillez aussi à ne pas confondre individualisme et égocentrisme car l'on peut être tout à fait conformiste et égocentrique (comme nous le prouvent justement les japonais) et inversement individualiste et philanthrope. Attention aussi à l'anticonformisme à la mode qui peut devenir aussi conformiste que ce qu'il combat.

Je dis que le Japon est une triste farce car il n'admet aucune critique ni aucune autocritique, car il a copié les habits de l'occident pour pouvoir s'y comparer sans en accepter le sens. La triste réalité du Japon est qu'il s'est tant habitué à tricher, à mentir qu'il ne sait plus comme un mythomane ce qu'il est vraiment et qu'il continu à courrir après l'image qu'il a véhiculé et à laquelle il voudrait que l'on croit.
Le conformisme et le formalisme existent partout mais au Japon ils sont tels qu'ils paralysent toute évolution et que ce n'est que forcer par une force extérieure qu'il évolue. Mais il ne suffit pas de copier pour évoluer et si l'on copie ne serait ce que la forme, il faut accepter d'être comparé et quelques fois jugé sous cette forme, c'est pour cela que la " belle arrogance ethnocentrique " dont vous m'avez affublé ne tient pas mais serait valable si le Japon avait inventé un système complètement différent.
Le système éducatif japonais fut créé en important le modèle occidental, on peut donc le juger comme tel.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de achan

"Comme si le public ne subissait pas les affres du népotisme, du piston et autres phénomènes de chasse gardée. Un prolétaire reste prolétaire, que ce soit dans une école publique élitiste, ou bien un établissement privé."

Rien n'est parfait mais le public peut approcher de l’égalité des chances bien plus que le prive, surtout si celui ci n'est soumis a aucune réglementation. Je ne sache pas qu'il suffise d'allonger la monnaie pour entrer a polytechnique, l'ENA ou Todai. Evidemment ça aide toujours d'avoir des parents éduqués, fortunés ou déjà au coeur du système, mister obvious. C'est pour ça que je souligne que le plus important est encore de prendre conscience et faire prendre conscience des mécanismes qui font croire aux gens qu'ils sont inférieurs a tel ou tel fils a papa qui a un gros diplôme. Mécanismes ou le fait d’être habitué des son plus jeune age a se voir évaluer sur une échelle linéaire tiens d'ailleurs une bonne place.

Rester realiste n'implique pas forcement le cynisme ou l'aigreur.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de slv

Le système public à au moins l'intérêt de permettre à tous d'accéder à un niveau education équivalent ou supérieurs à celui de ces parents indépendamment de leur niveau de richesse. On ne peut cacher que le favoritisme, le copinage existe aussi dans le public et que la tendance au corporatisme, au népotisme est le fait de tout système organisé mais aucun autre système ne permet comme l'éducation publique de renouveler les élites d'un pays et de n'a pas laisser au bord du chemin ceux qui par leurs dons sont à même de faire évoluer une société.
Le Japon se retrouve régulièrement en panne de tête pensante et est obligé d'aller puiser ses idées à l'extérieur, ceci est le fruit de son éducation qui reproduit actuellement le système des classes de l'époque féodale. Rétrécissement de l'Etat, transfert des compétences aux entreprises privées qui n'ont d'autre but que leur propre bénéfice au détriment du pays en entérinant un état de fait que l'on habille de tradition à respecter pour se conformer à l'image que l'on attend de vous.
Le renouvellement des élites au Japon est infime, aucune chance de voir apparaître un ministre qui ne viendrait pas de la couche dorée de la population, aucune chance de revoir de nos jours de talentueux ingénieurs plébéiens créer de leur génie des empires. Les postes sont verrouillés par ceux qui déjà en haut de l'échelle empêchent ceux d'en bas de grimper.

L'éducation japonaise a préfèré apprendre à ces enfants les réponses aux problèmes posés par l'autorité plutôt qu'apprendre à poser des questions qui mettrait l'autorité en difficulté pour y répondre en montrant sa faiblesse.
C'est pour cela que les japonais sont si maladroits et se figent quand ils se retrouvent face à un problème inconnu ou à un étranger.
Depuis l'enfance on leur a appris à suivre le chemin tracé par leurs aînés.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Nikki2

"Je dis que le Japon est une triste farce car il n'admet aucune critique ni aucune autocritique, car il a copié les habits de l'occident pour pouvoir s'y comparer sans en accepter le sens. La triste réalité du Japon est qu'il s'est tant habitué à tricher, à mentir qu'il ne sait plus comme un mythomane ce qu'il est vraiment et qu'il continu à courrir après l'image qu'il a véhiculé et à laquelle il voudrait que l'on croit."

Là ça devient affligeant. Des généralisations comme ça, même sur ce site, j'avoue n'en avoir pas lu d'aussi édifiantes. Ca sent le règlement de compte personnel d'étranger éconduit. M'est avis que si on en savait plus sur votre passé au Japon, on trouverait quelques éléments de compréhension d'un discours aussi outrageusement caricatural.

Je n'ai pas vu que le gouvernement japonais ait signé quelque document que ce soit où il s'engageait à devenir un pays occidental. Que ce pays, dans une certaine mesure, conserve ses caractéristiques propres est somme toute logique et à tout le moins n'a pas à être jugé d'un point de vue moral : ce pays est libre de se déterminer comme n'importe quelle nation du monde.

"Le conformisme et le formalisme existent partout mais au Japon ils sont tels qu'ils paralysent toute évolution et que ce n'est que forcer par une force extérieure qu'il évolue. Mais il ne suffit pas de copier pour évoluer et si l'on copie ne serait ce que la forme, il faut accepter d'être comparé et quelques fois jugé sous cette forme, c'est pour cela que la " belle arrogance ethnocentrique " dont vous m'avez affublé ne tient pas mais serait valable si le Japon avait inventé un système complètement différent.
Le système éducatif japonais fut créé en important le modèle occidental, on peut donc le juger comme tel."

Dans l'absolu, si tant est que ce que vous dites est vrai, qu'est ce que cela peut bien vous faire que le Japon évolue dans telle direction plutôt que telle autre ? Qui vous a dit que le Japon, lorsqu'il copie tel ou tel élément étranger, ne veuille pas en intégrer une part seulement et rejeter ce qu'il estime ne pas lui convenir ? Vous semblez découvrir le génie d'un peuple. Quelqu'il soit, un peuple conserve des traits généraux dans son inconscient collectif et on ne les gomme pas, surtout de l'extérieur. Vous n'aimez pas la personnalité générale du Japon ? Tant pis, passez votre chemin, ce pays continuera, je pense, à vivre sans vous.

Juger le Japon, c'est possible, mais c'est par définition partial et subjectif, "ethnocentrique". Vous le jugez selon vos propres normes. Un Japonais pourra juger votre pays ou votre personnalité de la même façon et ce sera aussi stupide et incongru. S'il est compréhensible que ce pays ne vous plaît pas, en revanche en tirer des généralités à prétention universelle confine, précisément, à "l'ethno-centrisme" cher à Levy-Strauss.

Le système scolaire japonais peut emprunter des techniques occidentales dans l'enseignement, mais cela ne signifie pas qu'il soit meilleur ou pire dans l'absolu. Si ce système était la catastrophe absolue que certains décrivent, le Japon n'aurait pas été depuis 70 ans une puissance économique de premier plan. Tout est toujours perfectible, il y a des défauts qui se traduisent par des échecs, mais c'est le lot de tous les systèmes.

"Le Japon se retrouve régulièrement en panne de tête pensante et est obligé d'aller puiser ses idées à l'extérieur, ceci est le fruit de son éducation qui reproduit actuellement le système des classes de l'époque féodale. "

Tous les pays sont obligés d'aller puiser des idées et techniques nouvelles là où elles apparaissent, sauf à décliner. La société française actuelle n'a rien à voir avec celle d'il y a 30 ans et c'est du en grande partie à l'internationalisation des échange, à une certaine forme d'américanisation, etc. Cette mutation des sociétés et pays n'est pas propre au Japon, c'est tout simplement une réalité humaine. Cela ne signifie pas que ces importations vont totalement abolir les schémas mentaux préexistants. Si l'on regarde la France républicaine de 2012, on est frappé de voir à quel point elle a reconstitué la France de 1788. Simplement le roi n'est plus le roi, il y a un régime présidentiel fort. L'aristocratie a été remplacée par une technocratie énarchique puissante qui gèrent les grands corps de l'état, Versailles a été remplacé par Paris, le clergé par les professeurs et les journalistes. Est-ce un hasard ? Non, vraisemblablement. On peut s'en féliciter ou s'en désoler, ça ne change rien à cette permanence. Et c'est vrai pour tous les pays.

"Le renouvellement des élites au Japon est infime, aucune chance de voir apparaître un ministre qui ne viendrait pas de la couche dorée de la population, aucune chance de revoir de nos jours de talentueux ingénieurs plébéiens créer de leur génie des empires. Les postes sont verrouillés par ceux qui déjà en haut de l'échelle empêchent ceux d'en bas de grimper."

C'est tout simplement la société japonaise qui ne vous convient pas. Et ce que vous décrivez, qui est marqué et assumé au Japon, est en vigueur dans toutes les démocraties occidentales, de manière implicite. Les grands industriels sont en France par exemple des familles qui en réussissant après guerre se sont édifiés des dynasties qui dureront. Combien de "fils de" en France, dans les arts, la politique, l'économie ? Cette stratification apparaît toujours et, au bout d'un temps, s'effondre tantôt pour des raisons internes, tantôt pour des raisons externes. Aucune élite installée ne se maintient indéfiniment au pouvoir.



Portrait de slv

Nikki2, je vous l'ai deja dit, ne vous occupez pas de ma personne mais sachez seulement que j'habite au Japon, que je suis un membre actif de la société japonaise et que le système éducatif japonais concerne personnellement ma famille.
"Là ça devient affligeant. Des généralisations comme ça, même sur ce site, j'avoue n'en avoir pas lu d'aussi édifiantes. Ca sent le règlement de compte personnel d'étranger éconduit. M'est avis que si on en savait plus sur votre passé au Japon, on trouverait quelques éléments de compréhension d'un discours aussi outrageusement caricatural."
Vous n'avez pas à en savoir plus sur moi et à la place de parler de la France dans vos commentaires, concentrez vous sur le Japon qu'il semble que vous ne connaissez que de très loin. Vous semblez bien désabusé et aigri par le système français, s'il ne vous plait pas je pourrais vous dire de le quitter si je reprenais votre propre expression qui sent bon le nationalisme regrettant l'âge d'or.
"Dans l'absolu, si tant est que ce que vous dites est vrai, - Ainsi vous ne le réfutez pas et ce qui semble vous gêner c'est qu'on puisse le dire -
qu'est ce que cela peut bien vous faire que le Japon évolue dans telle direction plutôt que telle autre ? Qui vous a dit que le Japon, lorsqu'il copie tel ou tel élément étranger, ne veuille pas en intégrer une part seulement et rejeter ce qu'il estime ne pas lui convenir ? Vous semblez découvrir le génie d'un peuple. " Justement en faisant partie de la société japonaise cela me " fait" s'il évolue dans un sens ou dans un autre.
Comme je l'ai déjà dit mais il semble qu'il faille vous le répéter encore, tout n'est qu'une question de degrés. Les mêmes problèmes existent dans toutes les sociétés mais si le système japonais était aussi bon que vous le dites verrait-on un nombre aussi important de suicides et de "ijime" chez les jeunes qui n'arrivent pas à intégrer les canons de la normalité japonaise?
Mais sans doute pour ne pas passer pour un "ethnocentrique" à vos yeux, il ne faut critiquer le système injuste et inégalitaire d'un pays qui pour vous est étranger.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Nikki2

"Nikki2, je vous l'ai deja dit, ne vous occupez pas de ma personne"

Vous écrivez, je réponds, c'est la logique de la partie commentaire.

"Vous n'avez pas à en savoir plus sur moi et à la place de parler de la France dans vos commentaires, concentrez vous sur le Japon qu'il semble que vous ne connaissez que de très loin. Vous semblez bien désabusé et aigri par le système français, s'il ne vous plait pas je pourrais vous dire de le quitter si je reprenais votre propre expression qui sent bon le nationalisme regrettant l'âge d'or"

Je veux pas en savoir davantage sur vous, je dis que probablement si nous en savions plus sur vous, il serait possible de comprendre votre discours caricatural et aggressif.

Ce site est un site français et francophone sur l'actualité japonaise. Se concentrer sur les articles sans chercher à comprendre le contexte dans lequel ils sont rédigés, contexte culturel et intellectuel notamment, ne m'apparaît pas du tout comme hors sujet. Il est logique d'interroger celui qui écrit, de voir d'où il vient, pour comprendre le sens de ses critiques afin de voir si elles sont fondées ou non, intelligentes ou le fruit de préjugés grossiers.

Le système français est ce qu'il est, c'est à dire usé et en crise. Ce n'est pas un scoop. Notez que lorsqu'il a des points positifs, comme le système de santé, je le dis. Idem pour le Japon qui n'est pas un pays parfait, ni un enfer, mais un beau pays avec des problèmes propres.

"Comme je l'ai déjà dit mais il semble qu'il faille vous le répéter encore, tout n'est qu'une question de degrés. Les mêmes problèmes existent dans toutes les sociétés mais si le système japonais était aussi bon que vous le dites verrait-on un nombre aussi important de suicides et de "ijime" chez les jeunes qui n'arrivent pas à intégrer les canons de la normalité japonaise?"

Oui il y a deux fois plus de suicides au Japon qu'en Europe. Cela reste marginal même si on doit le relever. C'est aussi le pays avec une des plus fortes espérances de vie, ce qui à mon sens n'est pas le moindre des indicateurs de développement humain. Si la société japonaise vous pose des problèmes existentiels, vous pouvez quitter ce pays. Sauf à être masochiste naturellement.

"Mais sans doute pour ne pas passer pour un "ethnocentrique" à vos yeux, il ne faut critiquer le système injuste et inégalitaire d'un pays qui pour vous est étranger."

Quand je verrais des millions de gens dans les rues pour renverser le gouvernement, je concluerais que ce pays est foncièrement injuste et inégalitaire, si ce sont les critères - qui restent à définir - à retenir. Pour le moment, ce pays jouit d'une grande stabilité intérieure et les problèmes qu'ils rencontrent sont essentiellement économiques.

Notez que le Japon n'a jamais eu le culot de mettre sur ses mairies le mot "égalité", preuve d'une certaine lucidité, d'une certaine honnêteté et en tous cas que son hypocrisie ne franchit pas les limites de l'indécence.



Portrait de Gilles Patrick

Rachel,
Je ne suis pas convaincu de vos propos, mais je prends votre avis en compte... Vous dites toutefois que je mélange tout. Les notes sont un thermomètre et vous exposez une utilisation de ce thermomètre que je doute généralisé. Je ne crois pas qu'élèves et parents soient aussi bêtes que vous le prétendez (quel que soit le pays dont on parle)... Enlever le thermomètre n'enlève pas la froidure ou l'excessive chaleur, c'est pourtant ce que vous proposez... Je persiste à dire que les notes sont un indicateur pour la famille, et si une utilisation erronée en résulte, n'appartient il pas aux professionnels (les profs ?) d'informer les utilisateurs ?
Mon gosse est au collège en France. Il n'a pratiquement jamais de devoir et cette année il finit les cours à 15 h maximum... Ma correspondante au Japon (elle est femme au foyer avec un boulot mi-temps, son mari bosse à l'équivalent de La Poste) m'a fait part du programme scolaire de ses deux enfants (l'un au collège, l'autre au lycée... certes ce n'est qu'un exemple, sans doute isolé, mais j'en suis surement un aussi... donc mon extrapolation est sûrement hâtive, mais cela reste stupéfiant : en comptant le total de leurs heures la fille qui est en collège travaille 56h de cours plus 6h de juku par semaine !... Le garçon au lycée fait 42 h de cours plus 9 h de juku par semaine !... Comparé à mon gamin, c'est impressionnant... Même les vacances scolaires japonaises donnent l'impression de "minceur"...
D'où mon commentaire un peu désolé, certes, sur "le goût à l'effort" qui se perd... C'est un sentiment ; et comme le disent certains ici, l'efficacité est préférable (j'adhère volontiers à cette position)...
M' enfin, je suis impatient de lire les expatriés si je me loupe, vu que je ne suis pas "dans le bain" (résidant en France)...
Bonne journée à vous tous.



Portrait de TVIP

Gilles Patrick

Votre fils finit maximum à 15h et n'a presque jamais de devoirs? Changez le de collège. (Si vous le pouvez évidemment). Si vous estimez qu'il n'y a pas assez de travail mettez le dans un collège plus sérieux ou plus exigeant. Toutes les écoles ne se valent pas, dans certains les profs sont tout le temps en arrêt maladie, dans d'autres on manque de matériel, dans d'autres le niveau d'enseignement est faible comparé au niveau national etc etc....Aux parents et aux enfants de choisir ce qu'il y a de mieux pour eux, il n'y a pas de fatalité.

En admettant que votre fils commence tous les jours à 8h ça ferait 35h de cours par semaine, en dessous de la moyenne nationale, il y a donc un léger problème dans l'école de votre fils car la plupart des écoles (sérieuses) en font un peu plus que la moyenne nationale.

http://www.education.gouv.fr/cid80/les-horaires-par-cycle-au-college.htm...

PS: De plus je ne veux pas dire mais connaissez vous le système de Juku? Le juku est là pour apporter ce que le système normal n'apporte pas. Passer des heures à l'école pour ne pas y apprendre grand chose je n'appelle pas ça vraiment le goût de l'effort. Le gout de l'improductivité qui va se traduire tout le long de leur vie professionnelle oui.



Portrait de slv

Cela depend si l'on compte les activités périscolaires au Japon ou si l'on compte seulement le temps passé en classe. Les élèves en général terminent vers 15h puis suivant l'âge, il y a les "clubs" qui forment les activités périscolaire, sport, musique, dessin, etc... Ces clubs sont pratiquement obligatoires plus pour apprendre à se comporter dans un groupe que d'un réel apprentissage d'un sport ou d'un art. Les élèves sont souvent obligés de revenir à l'école le weekend seulement pour le club, alors oui, on peut dire que les jeunes japonais passent beaucoup de temps à l'école, mais pas pour les cours.
ci-dessous un lien vers un PDF de OCDE sur le nombre d'heures en classe.
http://www.oecd.org/fr/edu/enseignementsuperieuretapprentissagedesadulte...
Il apparait que les jeunes français passent plus de temps en cours que les japonais.

Les juku sont fait pour préparer les élèves aux concours en vu de rentrer dans un établissement bien coté comme le reportage le montre. Ce système préfère que les enfants aient une tête bien pleine que bien faite, ils mémorisent ainsi une quantité incroyable de données qu'ils auront tôt fait d'oublier un fois le concours passé.
Ils sont inutiles si l'enfant est déjà dans un établissement privé et renommé. Ceux qui sont entré à Keio enfant ne vont pas aux juku et se retrouvent "graduate" sans avoir jamais passé d'examen sérieux.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de JIM

Effectivement les enfants japonais passent beaucoup de temps à l'école mais pas pour seulement étudié. Comme le dit SLV ils y font beaucoup d'activités qu'on qualifierait d'extra-scolaire en France. Ils reviennent même pendant les vacances pour faire du sport à l'école.
Sauf que voilà, pour réussir à faire un bon parcours scolaire au Japon, il faut aller aux jukus qui sont ni plus ni moins que des cours dans une école privée, car apparemment on ne va pas assez loin dans le programme de l'école publique. Ce qui montre deux choses, 1 que l'école ne fournit pas toutes les clés pour réussir, 2 cela creuse les inégalités entre riche et pauvre fasse à l'éducation (car il faut payer des jukus pour réussir en plus du cout de l'éducation). Ce qui empêche un brillant élève de condition modeste de s'élever dans la société japonaise.

Et sinon perso au collège, je finissais mes cours à 16H45 et j'avais encore une bonne heure de boulot le soir, ne serait ce que d'apprendre les cours de langues, d'histoire/géo, physique etc. Donc soit votre fils vous dit qu'il n'a rien à faire, soit l'école est mauvaise et donc il faut le changer d'école fissa car il risque de se fermer des portes de grandes écoles.



Portrait de slv

À titre d'exemple un juku comme Sapix coûte autour de 6000 € par an pour 6 heures par semaine. Souvent entre 17h et 20h, c'est pour ça que l'on voit des écoliers tristes et fatigues dans le métro même très tard.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Gilles Patrick

Merci à toutes vos interventions qui me permettent de comprendre bien des choses, comme quoi les gens qui ont un pied à terre sont plus lisibles que les gens en haute mer (quand on cause de la terre ferme)...
Non je ne connais le juku qu'à travers quelques articles assez mince, et surement pas comme vous autres...
Encore merci donc pour ces informations et excusez mon raisonnement tronqué en la matière... ne travaillant qu'avec les quelques éléments qui sont à ma portée.



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