Au Japon, les étudiants étrangers reviennent au compte-goutte
Après la catastrophe du 11 mars 2011, 70 170 étudiants étrangers ont quitté le Japon. Le gouvernement japonais a mis en place de nombreuses mesures pour encourager leur retour.
40% des étudiants étrangers ont quitté le pays entre le 12 mars et le 8 avril.
Face à cette vague de départ, le gouvernement et les établissements universitaires japonais ont mis en place de nombreuses mesures pour les encourager à revenir.
Le Ministère de la Justice a par exemple simplifié la procédure à suivre pour les étudiants ayant quitté le territoire sans avoir obtenu l'autorisation d'entrer à nouveau sur le territoire.
Le Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie a pour sa part décidé de prendre en charge les frais de retour des étudiants évacués qui bénéficiaient d'une bourse du gouvernement dans les universités situées dans les zones dévastées.
Les universités japonaises ont fait de leur mieux pour dissiper les craintes relatives aux risques de radiation en alimentant leurs pages web de nombreuses informations détaillées, en encourageant les étudiants restés sur place à rassurer leurs camarades sur les forums, et parfois même en envoyant des représentants de leurs établissements en Chine et en Corée du Sud pour donner des conférences sur la situation dans le pays.
« Je ne doutais pas du fait que les étudiants étrangers reviendraient, explique Bruce Stronach, le doyen de l'Université du Temple à Tokyo, au Japan Times. Je m'inquiétais seulement de savoir quand. »
« Ceux qui ne sont jamais venus au Japon ne viendront pas »
Les efforts du gouvernement et des universités ont apparemment réussi à convaincre les étudiants en cours de cursus longue durée. Selon une étude du ministère de l'Éducation, le 20 mai, 96% d'entre-eux étaient de retour.
C'est pourtant loin d'être le cas des étudiants étrangers inscrits à des programmes d'études courts.
« Ceux qui ne sont jamais venus au Japon ne viendront pas, affirme Michio Hori, un représentant de l'Organisation de reconstruction des écoles japonaises. La plupart des étudiants étrangers qui ont déjà vécu ici connaissent des japonais et ont compris que la situation était sûre. Le plus dur est de convaincre les nouveaux arrivants. »
L'Université Hirosaki Gakuin, dans la préfecture d'Aomori, a été obligée d'annuler un programme d'été de quatre semaines organisé pour les étudiants américains d'une université jumelle.
« Ces étudiants ne veulent pas venir ici pour prendre du bon temps alors qu'à quelques centaines de kilomètres d'ici, des habitants ont tout perdu, explique Edo Forsythe, un assistant d'anglais de l'établissement. Ils se sentent mal à l'aise de faire cela. »
Un malaise qui touche également les étudiants en échange universitaire censés commencer leurs cursus longs en septembre. L'Université internationale du Japon accueille en général une quinzaine d'étudiants étrangers. Elle n'en attend que trois à la rentrée prochaine.
Les écoles de langue sont également touchées. Dans les différents établissements de la région de Tokyo, les inscriptions aux programmes d'octobre ont chuté de 40 à 70% par rapport à l'année dernière.
Le projet du gouvernement japonais de réussir à attirer 300 00 étudiants étrangers par an d'ici 2020 semble compromis. Atteindre cet objectif était censé redorer l'image de ses universités à l'étranger.
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Situation assez difficile en effet.
Après l'annulation d'une dizaine d'étudiants, l'arrivée de une seule nouvelle étudiante à l'université de Kanazawa (prefecture d'Ishikawa) avait m^eme fait la une du journal local. Rencontre avec le maire de la ville etc... pour la remercier et pour dire: "venez il n'y a aucune crainte à avoir" .
Je suis optimiste que tout rentrera dans l'ordre (point de vue tourisme / étudiants)mais il faudra du temps...
PS par contre la qualité du 1er paragraphe de l'article est tout un art: " 40% des étudiants étrangers ... parmi lesquels de nombreux étudiants." Evidemment oui!
Je dirais même mieux, 100% des étudiants étrangers étaient des étudiants ! Etudiant non ?
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
plouf plouf, étonnant non ?
Avant au Japon les étudiants étrangers étaient sous perfusion, maintenant ils reviennent au compte goutte, c'est quand même un progrès.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
"« Ces étudiants ne veulent pas venir ici pour prendre du bon temps "
Très bon résumé de ce qu'est la fac ici.
"Le projet du gouvernement japonais de réussir à attirer 300 00 étudiants étrangers par an d'ici 2020 semble compromis. Atteindre cet objectif était censé redorer l'image de ses universités à l'étranger. "
Heu sauf que ce sont ces mêmes étudiants étrangers qui une fois de retour au pays témoignent de ce que faire ses études au Japon est un moins sur le CV (sauf pour quelques secteurs pointus et peu nombreux).
Ca en est où la campagne pour payer des étudiants étrangers pour qu'ils disent sur des forums de venir au Japon? Et l'autre programme pour faciliter la venue des otaku?
Tu exageres, les universités japonaises sont les meilleures du Monde du Japon.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
Je fais un doctorat à Waseda à Kitakyushu et je vois la différence avec une école d'ingé. Les cours des masters japonais sont de grosses blagues en comparaison. Après le coup du plus ou du moins sur le CV ça dépend du pays et de l'université en question. Pour ma part j'ai choisis Waseda car c'est une des meilleurs universités de référence au Japon, donc ça ouvre beaucoup plus de porte ici au Japon qu'en France. Enfin je pense que c'est surtout le professeur qui fait la différence étant donné leur statut de Dieu tout puissant ! :D
Sinon il y a 90% de chinois dans mon université qui restent pour la plupart entre eux et ne sortent quasi jamais pour économiser le moindre yen, qu'ils ramèneront ensuite en chine après l'obtention du diplome. Ceux-là ne sont encore là qu'à cause des bourses qu'ils ont et qui les obligent à rester étudier ici. J'en connais qui s'étaient barrés en chine dès les premiers jours de la catastrophe et qui auraient aimé ne pas revenir.
Enfin bon, avec de telles baisses de fréquentation j'aurais mieux fait d'attendre un an, j'aurais peut-être pu intégrer Todai qui est quand même plus animée que mon coin paumé ! :p
Le Japon veut attirer 300 000 étudiants étrangers mais comme les diplômes japonais ne sont pas cotés hors du Japon, veut-il qu'ils restent ensuite sachant qu'il ne veut pas d'immigration. Quand on voit que les entreprises nippones hésitent à embaucher des étudiants japonais qui ont fait de longues études à l'étranger, on peut se demander s'ils sont prêts à employées beaucoup d'étrangers.
En général les japonais adorent les étrangers qui ne restent pas longtemps pas ceux qui s'installent.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
Le probleme des etudiants ayant fait leur cursus a l'etranger vient surtout du systeme de recrutement en sortie d'etude japonais par promotions, unique a ma connaissance, archaique et completement figé.
Les etudiants ont leur diplome en mars, ils savent pour qui ils vont bosser depuis plusieurs mois et commencent a bosser en avril. Le moindre ecart a ce systeme en exclut totalement: working holyday, cursus a l’étranger qui ne finit pas en mars (par exemple aout en France), profiter du temps libre entre diplome et boulot pour un engagement associatif ou caritatif, tout ca fait qu'un CV est automatiquement écarté.
Ces personnes peuvent se faire embaucher cela dit, en postulant pour un tenshoku (changement de compagnie), mais tout le monde n'y pense pas car c'est contre intuitif. Voila pourquoi je pense que le probleme vient plus du mode d'embauche par promotions que du refus d'embaucher des gens ayant un autre horizon culturel.
Contra negantem principia non est disputandum.
Les universités Japonaises ne m’intéressent pas du tout, mais quel est le niveau minimum requis pour intégrer Waseda ou Todai pour un européen, ou un américain ?
J'en ai aucune idée. Pour ma part j'ai fait une école d'ingé en France, fait deux stages au Japon dont un dans une grosse entreprise japonaise pendant 7 mois et travaillé pendant quasi 1 an en France. C'est d'ailleurs via mon suiveur de stage d'entreprise que j'ai trouvé mon prof à Waseda qui m'a accueilli les bras ouverts (très probablement car je suis français et qu'il pouvait alors se vanter d'avoir autre chose que des chinois dans son labo). Un petit peu cocasse car d'habitude on se sert plutot du prof pour trouver une entreprise et pas l'inverse. :D
Mon cas mis à part, j'ai l'impression que la plupart des étudiants étranger ici ont des bourses de la part de leur pays et qu'il y a des partenariats entre les universités. Ensuite il s'agit principalement d'étudiants en master. Le niveau est pas forcément plus élevé que les tests d'intégrations d'écoles d'ingé en France. La grosse différence est que dès le master les étudiants se spécialisent et ne sont en sortie d'université capable de ne faire qu'une seule chose contrairement à une école d'ingé qui est plus généraliste. Normal les deux ne proposent pas les mêmes débouchés. Par rapport à une université française je ne sais pas n'ayant pas pas fait ce cursus.
Le plus gros problème c'est tout le côté financier. Pour ceux qui veulent faire un doctorat, il faut en général avoir publié des publications scientifiques (pour une université technique/scientifique tout au moins) et du bol pour décrocher une bourse quelque part, car depuis la france on a le droit à quasiment rien. Sans ça, il faut trouver un moyen de subvenir à toutes les dépenses (logement, bouffe, frais d'université) et ce pour une durée de 2-3 ans minimum. Autrement dit c'est pas facile pour un étranger si il n'est attaché à aucune université et qu'il n'a aucun soutient financier de la part de son pays. Heureusement qu'il y a les baito, mais ça suffit pas à payer les frais courants et l'université.
"Les universités Japonaises ne m’intéressent pas du tout, mais quel est le niveau minimum requis pour intégrer Waseda ou Todai pour un européen, ou un américain ?"
Pouvoir payer les frais scolaires et la vie sur place. Bien sûr faut pas avoir été un cancre dan le cursus précédent.
J'ai justement un ami espagnol qui fait son doctorat à Waseda. Un truc d'ingénierie mécanique je sais pas quoi (le genre de filières où on travaille sérieusement). Il m'expliquait qu'il avait eu une bourse et qu'il n'avait rien à payer. Ca doit être pas mal comme bourse car il a assez pour vivre sans baito, en vivant à Waseda dans son propre appart et en ayant une vie sociale normale.
En France on peut postuler au Monbusho qui donne si je me souviens bien un peu plus de 1000 euros par mois, les frais scolaires payés et je ne sais plus si le ryô est payé aussi. Mais quelques filières seulement sont privilégiées.
En gros quand on vient d'un pays où la scolarité est gratuite ou très peu chère comme la France, il faut économiser un peu et prier pour avoir un euro très fort voire prendre un crédit.
sans bourse généralement faut un crédis, car un baito a moins d'être super bien payer tu couvre pas tout sa, mais bon s’endetter avant même d'être diplômer c'est pas super motivant, même si le fait d'étudier au japon est en soit une motivation presque suffisante.
J'ai du mal à voir où les Japonais veulent en venir.
Pourquoi vouloir faire venir des étudiants qui seront formatés pour les entreprises nippones, alors qu'ils n'en veulent pas de façon durable ? C'est uniquement pour remplir le tiroir-caisse des universités ?
Idem pour les otakus, c'est pour faire tourner les commerces, à moins que le gouvernement aie subitement décidé d'ouvrir (un peu) les vannes de l'immigration ?
Ca arrangerait bien les (mes) affaires de certains mais bizarrement, des soldes sur les visas longue durée, je n'y crois pas du tout, du tout, du tout... (-_-")
Pour alimenter le tiroir caisse des universités qui ont de moins en moins d'étudiants et pour élever leur rayonnement au niveau international.
Quel est donc l'intérêt pour un europeen ou americain de vouloir faire une université au Japon si l'on ne veut pas y rester?
Si peu d'étrangers sont intéressés, c'est qu'il y a un probleme autre que celui financier et celui du décalage du commencent de l'année.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
^^ Et ces mêmes problèmes, on les connaît, mille fois débattus ici, la boucle est bouclée.
Ils auront beau changer l'emballage...
Le problème est clair pour quiconque a expérimenté l'embauche par promotions façon japonaise: les étudiants sont tellement peu formes en sortie d’université qu'il faut leur faire suivre une formation spécifique a la boite avant de les jeter dans la fosse au lion ou ils seront sous-fifre pendant 10 ans, le temps de péniblement apprendre leur métier... Tu parles d'une utilisation efficace des ressources...
Evidemment un étudiant formé avec cette idée en tête (formation intensive en début de carrière) ne vaut rien dans un autre pays ou cette formation ne lui sera pas donnée (a moins bien sur de grands talent et motivation).
Contra negantem principia non est disputandum.
Mais se remettre en question pour changer le système est trop douloureux pour ceux qui n'ont jamais appris à penser et n'ont appris par coeur que des réponses.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
ouais, et avec ca, je doute que ce formatage systematique des etudiants et nouveaux employes dans les entreprises donnent raison a la generation de creativite ou de valeur ajoutee. je le vois tous les jours dans ma boite dont je tairais le nom evidemment, je travaille avec des inges (informaticiens pour la plupart), des qu' ils sortent de leur specialisation ou domaine, c' est une catastrophe, incapables meme de proposer une idee (poutant on fait en sorte d' appliquer le honne).