Centrales nucléaires à l'arrêt, pourquoi les redémarrer ?
Les défenseurs du nucléaire se font rares au Japon. La population se divise entre ceux qui veulent "plus de garanties" avant les remises en route et ceux qui plaident pour l'arrêt définitif des centrales du pays. Le gouvernement peine à justifier la reprise.
Le 6 mai, il n'y aura plus aucun réacteur nucléaire en activité au Japon. Et pourtant, pour Yukio Edano le ministre de l'industrie, qui a confirmé l'information ce dimanche, ce n'est pas faute d'essayer de les remettre en route.
Après avoir pendant plusieurs mois montré son engagement pour un accroissement de la sécurité dans les installations nucléaires, la volonté du gouvernement de redémarrer certaines des centrales s'est faite plus pressante ces dernières semaines. Avec comme objectif affiché d'éviter les carence en énérgie pour le deuxième été consécutif.
L'annonce, vendredi 13 avril, du feu vert gouvernemental pour le redémarrage de deux réacteurs de la centrale d'Oi, s'est faite avec précaution : «La réactivation se fera une fois que nous aurons obtenu la compréhension des citoyens, à commencer par la population riveraine.» , a expliqué M. Edano.
Ce qui pourrait être une formule politicienne révèle en fait une difficulté majeur du gouvernement qui doit désormais composer avec une population sceptique vis-à-vis de l'atome.
Contrôle prolongé
Les unités 3 et 4 de la centrale d'Oi (ou Ohi) située à proximité de la ville de Kyoto et exploitée par la la Kansai Electric Power ont été mises à l'arrêt en juillet dernier pour un entretien de routine. Elles ont depuis été soumises à de nouveaux de test de résistance et n'ont toujours pas repris leur activité, comme 53 des 54 réacteurs du pays.
« Il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement a tellement hâte de redémarrer les réacteurs », écrit le très influent Mainichi Shinbum ce week-end, en réaction à l'annonce. Les médias se montrent de plus en plus critiques sur la politique énergétique du gouvernement.
Le premier ministre démocrate Yoshihiko Noda avait promis d'entamer la dénucléarisation du pays lors de son arrivée au pouvoir, en septembre 2011. Il parle depuis de sortie du nucléaire « dans les limites du possible » et ses lieutenants ne cachent guère leur empressement de revoir certaines centrales remises en route.
Et pourtant, "des études indépendantes montrent qu'il n'y aura pas de pénurie d'énergie", dénonce un militant de Greenpeace Japon.
Les médias donnent désormais la parole aux mouvements anti-nucléaire, considérés comme marginaux avant le 11 mars 2011. Et les éditos se font plus frequemment engagés sur la question de l'atome, « admiré comme une merveille de la modernité, comme l'était le Titanic en son temps », lit-on dans le Japan Times.
Nucléaire en perte d’énergie
Malgré les efforts de communication pour redorer le blason d'une industrie honni depuis la catastrophe de Fukushima et assurer que les systèmes de préventions seraient à l'avenir plus efficaces, les plans de Tokyo bute sur une grogne populaire.
Alors que le taux d'utilisation des centrales a été de seulement 23% les douze derniers mois et pas plus de 1,9% en mars, le Nippons commencent à se dire que vivre sans nucléaire n'est pas un pari impossible. 80% des Japonais se disent prêt à abandonner définitivement cette énergie, seulement 16% n'envisagent pas cette possibilité.
La majorité n'est pas acquise au mouvement anti-nucléaire mais s'accorde à penser que l'industrie doit apporter les garanties nécessaires de la sécurité de ses centrales. Impossible, pour les militants, pour qui le risque inhérent à cette énergie est décuplé au Japon. Adapter les normes à la dernière catastrophe ne protège pas de la suivante, explique-t-on, surtout dans cette terre sismique aux densités de population fortes.
Multiplication des fronts
Pour le gouvernement la lutte doit surtout être menée avec les autorités locales, dépositaires d'un pouvoir important de décision en matière énergétique. Et s'il paraît facile de convaincre les préfectures abritant les centrales, concernées par les problématiques d'emploi, ce sont désormais les localités plus éloignées qui mènent la fronde.
Dans la préfecture de Shiba, aucun et réacteur et pourtant des opposants à la remise en route de ceux de la préfecture voisine de Fukui, qui n'en compte pas moins de 13, explique Reuters.
Les habitants et leurs élus craignent pour les réserves d'eau douce importante de la zone – notamment le lac Biwa – après avoir constaté l'étendue et l'irréversibilité des dégâts à Fukushima. Les habitants de Shiba partagent le risque mais pas les fruits, explique la gouverneur de la préfecture, Yukiko Kada : « personne ne peut dire oui avant d'être complètement certain de la fiabilité des centrales », assène-t-elle.
Le nucléaire pourrait devenir un sujet politique majeur au Japon lors de futures échéances électorales. L'inconstance de Yoshihiko Noda sur cette thématique rend son avenir à la tête du gouvernement incertain. Alors que les candidats à la succession se positionnent, il y a fort à parier qu'il devront présenter un discours novateur sur la question du nucléaire pour être reconnus par l'opinion.
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je pense que la population à perdue confience après ce qui c'est passé a fukushima comme quoi ils maîtrisaient et en fait c'est loin d'être le cas!
tu m'étonnes qu'ils ont perdu confiance... en France, ils se gardent de faire un référendum, et même s'ils le faisaient, ils se passeraient du résultat, dans le cas où cela irait à l'encontre de ce qu'ils veulent, en passant une fois de plus par le parlement... de toute façon le peuple n'a pas droit de regard sur leurs activités, contrairement au japon...
Tout a fait et c est bien que les japonais réagissent car en plus au japon en energie renouvelable ils sont pas en reste et pour nous SI on change de gouvernement ils se donneraient 20 ans pour sortir du nucléaire.
holala , pas si vite le vagabond, en France, les élections sont la semaine prochaine, si la majorité des français veulent arrêter le nucléaire ils peuvent voter EELV, rien ne les en empêche, c'est au suffrage universel direct qu'on choisi le chef de l'état, pas au Japon.
Le referendum c'est comme un menu à la carte, on peut choisir ce qui nous plait ou pas mais impossible de construire un programme politique avec ça qui ne soit pas totalement démago.
Que la population japonaise ait perdu confiance dans le gouvernement ça c'est nouveau ici. Il n'y a si longtemps la majorité des Japonais pensait que le gouvernement les protégeait, s'occupaient d'eux, ne pouvait en aucun cas leur être nuisible, le paternalisme du gouvernement et des entreprises favorisait le sacrifice de la population pour le bien de tous mais surtout d'une certaine élite. On répétait à l'envie l'image mythique du samouraï fidèle à son seigneur jusqu'à la mort comme modèle social.
Ce qui change c'est qu'enfin les Japonais grandissent un peu et se rendent compte qu'ils se sont sacrifiés pour une classe qui se fout d'eux complètement.
Le plus dangereux c'est que cette déception soit récupérée par des petits dictateurs comme Hashimoto qui y voient une opportunité de devenir calife à la place du calife.
Pendant des décennies on a fait croire aux japonais que leur système était parfait, que leur maitrise technique était insurpassable et sans défaut. Tous les médias étaient mobilisés pour fêter en grande pompe la dernière prouesse technique, du super shinkansen aux grandes centrale nucléaires, du merveilleux téléviseur supercolor à la cuvette qui lave si bien les fesses. On était tous content et fier d'être japonais, parfait dans un pays parfait.
Et voila que petit à petit, le vernis craque, les scandales s'annoncent et les déficits se creusent, on est toujours super-super mais le doute s'installe. Dernière tentative de com raté, les Patriots plantés en plein Tokyo et l'info qui arrive quand tout est terminé.
Pour le nucléaire, la population commence à se faire tirer l'oreille, il va falloir que les puissants fassent des cadeaux plus beaux pour faire passer la pilule ou bien ils auront peut-être recours au chantage, le nucléaire ou l'âge de pierre.
Un autre enjeux dans le redémarrage des centrales aux Japon vient du fait que le Japon, comme la France, exporte sa technologie nucléaire, construit des réacteurs dans d'autres pays. Montrer qu'ils ne sont pas fiables c'est comme vendre des Toyota sans frein, même en baissant les prix ça fait pas sérieux.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
J'ajouterai qu'au Japon seulement 20% de l'énergie était issu du nucléaire, contre 80% en France... en imaginant qu'on décide de se passer du nucléaire, ça vous surprend vraiment de tabler sur 20 ans ? On parle de revoir entièrement la production d'énergie du pays, ça se fait pas en claquant des doigts...
Et puis même si rien n'est jamais totalement sûr, les risques en France sont loin d'être les mêmes... il faut pas croire tout ce que disent les écolos extrémistes et/ou opportunistes, qui en plus oublient le plus souvent de proposer une alternative réaliste...
je pense surtout au déchets qui s'accumulent pour plusieur génèration.
Certes, mais malgré tout les solutions ne sont pas légion...
Les pays qui condamnent le nucléaire tournent pour beaucoup au charbon ou au pétrole. Même si les déchets nucléaires sont un problème d'une autre envergure, on ne peut pas dire que ça soit écolo...
Et certains de nos voisins, qui nous fustigent à ce sujet et se vantent de promouvoir le renouvelable, se trouvent bien heureux d'acheter l'électricité nucléaire française (à bas coût) car ils ne subviennent pas à leurs propres besoins en énergie... Pas de chauvinisme ici, mais de toute évidence si tout le monde se met au "propre", à un moment donné ça marche plus, en tout cas au stade actuel...
Donc on a beau être d'accord sur le fait que le nucléaire ne soit pas une solution idéale (loin s'en faut), on ne peut pas parler de l'abandonner tant qu'on ne sait pas par quoi le remplacer...
je suis aussi pour un remplacement progressif du nucéaire dans le futur par des énergies renouvelable avec les mêmes capacitès sachant que la technologie avance à grand V !