Etude sur le roman japonais depuis les années 80

Pour qui s’intéresse au Japon en général et à sa littérature en particulier, le livre de Ozaki Mariko est incontournable.

Les éditions Philippe Picquier ont eu l’excellente idée de publier « Ecrire au Japon, le roman japonais depuis les années 80 » de Ozaki Mariko traduit par Corinne Quentin.

Née en 1959, journaliste et critique littéraire pour le quotidien Yomiuri, Ozaki Mariko retrace l’évolution du roman depuis 1987, année charnière avec la publication de 
Kitchen de Yoshimoto Banana et La Tentation de l’impossible d’Haruki Murakami.

Pourquoi cette date ?

Même si des signes annonciateurs étaient apparus avant 87 avec par exemple la parution de L’anniversaire de la salade de Tawara Machi , ces deux romans marquent de manière définitive la fin d’une époque, « un siècle après l’instauration de ce style Genbun-itchi unifiant langue parlée et écrite de Meiji dans lequel sont écrits les premiers romans modernes japonais ».
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Un nouveau phénomène littéraire est né qui comme le décrit le journaliste Tanaka Koji (Yomiuri) « montrent en grandeur nature les sentiments et les moeurs des lecteurs ».

Fossé entre public et critiques

Mais ces livres et d’autres dans la meme veine, qui se vendent par millions d’exemplaires ne provoquent pas l’enthousiasme chez les critiques littéraires.
Tanaka Koji se demande d’ailleurs si «  ces romans qui aujourd’hui sont en résonnance avec l’époque contemporaine peuvent(-ils) atteindre à cette universalité de la littérature en tant que ‘modèle vivant dans l’histoire’ et peuvent(-ils) servir de lien entre passé futur? ».

A travers son travail, Ozaki Mariko, cherche à répondre à cette question. En analysant entre autres, l’impact des nouvelles technologies sur la vie des jeunes Japonais, elle nous explique pourquoi et comment tous ces nouveaux auteurs sont accueillis par la société japonaise dans son ensemble.

Elle nous permet ainsi de redécouvrir ceux qui ont déjà été traduits en français notamment Haruki Murakami à qui elle consacre beaucoup ( mais pas trop!) de place.

Des particularités japonaises

Ozaki Mariko nous fait également mieux comprendre le système des prix littéraires organisés notamment par plusieurs grand journaux. Ceux-ci attirent beaucoup de jeunes auteurs et facilitent la découverte de nouveaux talents. `

Mais «  dans aucun autre pays que le Japon, les écrivains ne montrent une telle ferveur à tenir le role de jurés, sous la houlette des grandes maisons d’édition ou de journaux pour chercher de nouveaux écrivains. Il est très rare, comme c’est le cas au Japon, que les prix littéraires fonctionnent grâce à des écrivains susceptibles de choisir des maisons d’édition rivales des auteurs à soutenir par des prix le plus souvent accompagnés de montants en espèces ( parfois élevés) ». On reconnait bien là, la bonne éducation japonaise qu’on ne retrouve effectivement pas sur toutes les places littéraires de la planète.

L'apport des nouvelles technologies

Mais c’est en étudiant l’impact de l’arrivée du fax, du traitement de texte et de l’ordinateur que Ozaki Mariko nous donne le plus d’informations sur la nouvelle génération d’auteurs, car ils ont, entre autres changé le rapport à l'écriture. Avant écrire à la main les caractères japonais prenait du temps, beaucoup de temps, aujourd'hui avec un clavier d'ordinateur, mettre par écrit ce qui passe par son cerveau est nettement plus rapide...

Et comme l’explique en 2000 l’écrivain Takahashi Genichiro «  la plus grande partie de la société actuelle étant constituée de générations qui ne connaissent plus ni la guerre ni la misère, un changement radical de l’expression trop fortement liée à ces événements passés est devenu nécessaire ».
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Cette évolution explique Ozaki Mariko, a été accompagnée par l’arrivée d’appareils de communication bon marché qui ont également réduit les échanges entre éditeurs et auteurs. A tel point que les « bars littéraires » du coeur de Tokyo dans lesquels ils passaient ensemble de longues nuits ont peu à peu disparu…

Mais alors, ces romans tiennent-ils la route du temps ou vieillissent-ils aussi vite que les gadgets technologiques ? Pour le savoir lisez le livre d’Ozaki Mariko !

OZAKI Mariko
Ecrire au Japon. Le roman japonais depuis les années 1980
Traduit par Corinne Quentin
Editions Philippe Picquier

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Portrait de slv

Des particularités japonaises

Ozaki Mariko nous fait également mieux comprendre le système des prix littéraires organisés notamment par plusieurs grand journaux. Ceux-ci attirent beaucoup de jeunes auteurs et facilitent la découverte de nouveaux talents. `

Mais «  dans aucun autre pays que le Japon ..... plus souvent accompagnés de montants en espèces ( parfois élevés) ». On reconnait bien là, la bonne éducation japonaise qu’on ne retrouve effectivement pas sur toutes les places littéraires de la planète.
Et un petit coup de nihonjinron adroitement placé, parce que vous voyez bien que nous japonais, nous sommes uniques.



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