La Gay Pride revient à Tokyo mais les homos japonais ne sont pas encore libérés

Ce week-end a lieu la septième édition de la Gay Pride de Tokyo, trois ans après celle de 2007. Au Japon, peu d'homosexuels avouent leur préférence à leurs proches et à leurs collègues.

« Genji trouva le jeune homme plus attractif que sa froide soeur ». Que ce soit dans le Dit du Genji, classique de littérature écrit par Murasaki Shikibu au 11ème siècle, ou dans les recueils historiques du Japon (Kojiki, Nihonshoki), l'homosexualité n'a rien de honteux dans la culture traditionnelle.

Mais, alors que la septième édition de la Gay Pride se tient ce week-end à Tokyo, beaucoup de Japonais homosexuels n'osent pas s'affirmer. Depuis l'occidentalisation du début du 20ème siècle, être homosexuel, c'est avoir peur du regard de son entourage et du milieu professionnel.

« Je sais très bien que je suis gay depuis l'école primaire. Mais j'emmènerai toujours des petites amies à la maison pour être 'normal' aux yeux de ma famille », avoue Sota Aoki à l'agence Reuters.

« Maintenant, mes parents me poussent à me marier et j'y pense sérieusement. Mais je ne veux pas finir comme beaucoup de mes amis qui se sont mariés et ont eu des enfants. Maintenant ils vont devoir mentir pour le reste de leur vie».

Le cas du jeune Sota, 24 ans, n'est pas rare au Japon. Avouer son homosexualité à ses parents revient à ruiner leurs espoirs de voir leur enfant fonder une famille.

Ni-chome, centre de la culture gay à Tokyo


Plus qu'ailleurs, les jeunes de 20 et 30 ans sont mis sous pression pour se marier et faire des enfants. Le pays a un taux de natalité extrêmement faible, faisant décroître la population. Au-delà de la famille, le milieu professionnel n'aide pas les homosexuels à s'assumer.

« Je mène deux vies distinctes, raconte Yuu, qui préfère ne pas donner son nom de famille à Reuters. Le jour, je suis un parfait 'salaryman' pour une boîte de web design et personne ne connait mon secret. Car la nuit, je vais à Ni-chome pour travailler comme barman. J'ai cette double-vie depuis sept ans ».

Ni-chome, dans le quartier de Shinjuku, est réputé pour représenter la culture gay à Tokyo, avec notamment la plus grande concentration de bars gay du Japon. C'est ce quartier qui accueille les principaux évènements ce week-end.

Noriaki Fushimi, activiste des droits des homosexuels, y tient aujourd'hui un débat sur l'avenir du mouvement homosexuel au Japon. Le dimanche, l'évènement se poursuit avec des stands de nourritures et boissons durant le Rainbow Festival.

La traditionnelle parade passe cette après-midi autour du parc Yoyogi. Ces trois dernières années, le manque de personnel a entraîné l'annulation des évènements. La dernière parade officielle s'est tenue en 2007. Cette année, 5000 participants sont attendus.

Pour consulter le site de la Gay Pride de Tokyo: http://parade.tokyo-pride.org/7th/


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