Le "Big One" de Tokyo serait pour bientôt

A quelques jours de l’anniversaire de la catastrophe du 11 mars, la crainte d’un séisme qui secouerait la capitale se fait de plus en plus ressentir. La presse japonaise nourrit les inquiétudes, en interprétant des études et en se référant à l’Histoire.

« Séisme imminent sur Tokyo ». Pas de place pour la nuance entre les gros caractères de la une du Shukan Gendai. Et l’hebdomadaire n’est pas le seul à prédire la catastrophe.

Depuis quelques semaines, magazines et tabloïds se font prophètes et conseillent à leur lecteurs de « se résigner » : un tremblement de terre majeur, de magnitude 8 ou 9, va s’abattre sur la capitale japonaise.

A la base de ces affirmations un petit peu de science et une pincée d’Histoire, racontées à gros traits par des journaux dont la rubrique sismique pourrait occuper plusieurs pages. L’approche de l’anniversaire de la catastrophe du 11 mars réveille les traumatismes des Japonais, la presse en profite pour vendre du papier.

Dans tous les articles prédisant le « Big One », on retrouve une même affirmation, désormais très répandue dans le pays : les séismes majeurs arrivent par paires.

Et ces couples de catastrophes ne seraient séparés « que d’un court laps de temps », lit-on un peu partout. C’est le même exemple qui revient fréquemment : les grands séismes de l’ère Ansei (1854 – 1860), durant laquelle le Japon avait été secoué plusieurs fois.

La presse s’enflamme

La peur d’un séisme majeur sur Tokyo n’est pas neuve. Non loin de la capitale, les géologues scrutent la faille de Tokai, qui traverse la Baie de Suruga sur 130 kilomètres, et notent qu’un jour ou l’autre la poussée de la plaque des Philippines sur la plaque Eurasienne finira bien par y relâcher une grande quantité d’énérgie.

Là encore, l’Histoire a son importance : il n’y a pas eu de séisme de magnitude 8 dans cette zone depuis 1854 , mais une multitude de « petits » séismes : Ibaraki en 1895 et192, Tokyo en 1894, Chiba en 1987 ou en baie de Tokyo en 1922.

Fin janvier, c’est une étude de l’université de Tokyo qui lance le mouvement de panique : la probabilité d’un séisme majeur dans les 4 prochaines années s’élèverait à 70%. Un séisme de magnitude supérieure à 7 pourrait d’après eux toucher le sud de de la capitale d’ici 2016.

L’information se répand partout dans la presse, qui joue aux enchères sur les dégâts que pourrait causer la catastrophe.

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Pour éviter un nouveau séisme, il faut s’en prendre à son responsable : les poisons-chats géants qui remuent trop dans les profondeurs marines. Ce namazu-e montre des habitants d’Edo (future Tokyo) punissant le responsable de la catastrophe de 1855.
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Les articles escamotent des scénarios possibles, avec comme question centrale la localisation de l’épicentre du futur séisme. Ce que tout le monde craint, c’est un « shuto chokka-gata », un séisme de magnitude supérieure à 8 directement en dessous de la capitale, ou du moins dans la zone alentour comprenant la baie de Tokyo, la préfecture d’Ibaraki et celle de Chiba, explique le Sunday Mainichi.

A chaque scénario son nombre de victimes. Un séisme « relativement puissant », entre 6.8 et 7.2 sur l’échelle de Richter qui éclaterait aux environs de la baie de Tokyo pourrait tuer entre 10 000 et 12 000 habitants de la capitale, suivant sa profondeur, et l’optimisme des journalistes.

Côté dégâts matériels, les estimations sont plus partagées. Tokyo pourrait être amputée de 680 000 immeubles, 860 000 d’après d’autres estimations, dans l’hypothèse des scénarios les plus dramatiques.

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Les prévisions de dégâts sont difficiles au vu de la densité du tissu urbain
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C’est surtout sur l’après-séisme que les prédictions des différents journaux se distinguent. Le Shukan Bunshun annonce 55 jours de coupure de courant pour près de 2 millions de personnes.

Les conduits d’eau seraient aussi lourdement endommagées, à 70%, précise l’hebdomadaire. L’économiste Yuji Nemmoto précise au magazine que le seul coût des réparations du réseau hydraulique tokyoïte pourrait atteindre des dizaines de fois celui des dommages de Tohoku.

Le Daily Yomiuri s’attend quant à lui à ce que 1,3 millions de Tokyoïotes se retrouvent sans domicile. Le gouvernement local a expliqué que les abris prévus pour les recueillir ne pourraient accueillir que 270 000 personnes, bien loin de ce que certains scénarios ne laissent présager.

Alarmisme constructif ?

Faut-il commencer à rassembler son kit de survie ? Pour Keiichi Katsura, un ancien professeur de l’université de Rissho, le catastrophisme de la presse est motivé par des questions financières. « Depuis que le nombre de lecteurs est en déclin, les journalistes veulent publier des chiffres qui retiennent l’attention », explique-t-il au Japan Times. Il ajoute que « les télévisions et magazines amplifient les informations » en se citant les uns les autres.

Certains experts estiment que la situation est bien moins alarmante que ce qu’affirment les journaux. Les chiffres publiés par la presse proviennent de « groupes de chercheurs individuels » et non de « rapports officiels » explique Shinichi Sakai.

Le scientifique précise qu' « il y’a moins d’activité sismique qu’avant le désastre du 11 mars » ajoutant que « le risque qu’un tremblement de terre de magnitude 7 frappe Tokyo a diminué » du fait du séisme de l’année dernière.

Si la période des quatre ans lui semble exagérée, il note tout de même que la probabilité d’un séisme fort dans les 10 prochaines années n’est pas négligeable.

Le gouvernement observe de haut ces débats médiatiques mais se prépare à affronter le prochain caprice de la nature. Depuis le 11 mars, Tokyo a plus que jamais conscience de sa fragilité et envisage de multiplier « ses bases de défense » pour assurer la sécurité de ses administrations.

Si les chiffres officiels de la préfecture ne sont pas aussi alarmistes que ceux étalées dans la presse, ils n’écartent pas le danger. Des études collégiales et publiques admettent une probabilité de séisme majeur de 70% d’ici trente ans aux abords de la capitale.

Le gouvernement a commandé de nouvelles études à ses services scientifiques pour prévoir l’arrivée du « Big One » et s’y préparer au mieux. Les annonces diverses de la presse ne sont donc pas inutiles et relaient les inquiétudes de spécialistes.

Tokyo doit améliorer ses capacités de refuges, la cartographie et la qualité de son réseau hydraulique et de façon générale ses instruments de prévention et de communication.

Le Ministère des sciences et la technologie a annoncé que de nouvelles études officielles seraient rendu publiques prochainement. La presse du pays a déjà titrée sur ces futurs « révélations » catastrophe.

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Portrait de Chulian

Les Japonais, et ça se comprends, ne doivent pas être rassurés à l'approche des 1 ans du 11 mars, personne ne peut oublier ce qu'il sait passé. Maintenant, la presse ne devrait justement pas alarmer autant les gens, surtout si c'est dans un but purement commercial et économique, bien loin du but premier des journaux : informer! En tout cas, grosse pensée pour le Japon dans les semaines qui viennent.

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Portrait de Mr. Tanaka

"Tokyo pourrait être amputée de 680 000 immeubles, 860 000 d’après d’autres estimations"

Cela fait beaucoup, non? Les chiffres ne devraient-ils pas être divisé par 10?

En supposant, que chaque immeuble fasse 4 étages de 3 appartements avec chacun 2 personnes dedans, on arrive quand même à 16.800.000 personnes dont l'appartement serait détruit.

Soit plus de 10 fois l'estimation du Daily Yomiuri.

Mieux vaut en rire que s'en foutre.



Portrait de JIM

La moyenne de la hauteur, sur Tokyo, des habitations est de 1,5 étages, après tu as aussi les batiments commerciaux et les bureaux dans ces estimations de dégats je pense.



Portrait de Mr. Tanaka

Je veux bien.
Mais même avec tes chiffres on arrive quand même à 3 millions de sans domicile.

(et je pense être large, il y a bien plus d'immeuble d'habitation que commerciaux, alors que pour le calcul j'ai fait du 50/50)

Mieux vaut en rire que s'en foutre.



Portrait de JIM

A Kobe, il y a eu 200 000 immeubles détruits pour 1.5 millions d'habitants. Les 23 arrondissements de Tokyo c'est 8 millions d'habitants. Et si le séisme est dans la baie de Tokyo, il n'y aura pas que Tokyo de touché, mais les alentours aussi. Donc bon 680 à 800 milles c'est pas tellement énorme.



Portrait de kazuaki34

Séisme imminent sur Tokyo ». Pas de place pour la nuance entre les gros caractères de la une du Shukai Gendai

Le journal s'appelle en fait Shuukan Gendai :)



Portrait de slv

Deja qu'au huitième ça bouge bien, au quarantième ça doit l'être encore plus.
Les cérémonies du souvenir ont commencé en mettant plus l'accent sur les destructions du tsunami que du séisme, de ce fait on ne connait pas le nombre de victimes et de bâtiments détruits par le séisme du 11 mars, seulement l'ensemble produit par le séisme et le tsunami.

Comme les gens ne croient plus aux Dieux ils s'en remettent à la science pour se rassurer ou se faire peur, les scientifiques, ingénieurs sont des nouveaux techno-devins, la presse et la TV, les temples de la prophétie.
Le 11 mars dernier, le séisme dans le grand Tokyo était noté de shindo 5+ sur une échelle qui va jusqu'à 7. des millions de personnes ont du rentrer à pied chez elles ou dormir sur place, tous les trains étaient arrêtés, heureusement l'épicentre du séisme était assez loin et il n'y a presque pas eu de dégâts dans la métropole.
Si l'on imagine un séisme de degré 7 dans la baie de Tokyo, toutes ces personnes vont se retrouver prisonnières de la ville au milieu des immeubles détruits, effondrés, des ponts coupés et peut être des parties d'autoroutes renversées comme à Kobe. Les iles artificielles et les polders vont sans doute subir une liquéfaction des sols pire que l'année dernière et les habitants vont se retrouver isolés. Bien que la technique ait fait des progrès et qu'on utilise moins le gaz et le pétrole pour se chauffer ou faire la cuisine, de nombreux incendies vont se déclarer et beaucoup de personnes vont se retrouver pris au piège.
Tous les immeubles et maison de Tokyo ne sont pas neufs ou aux nouvelles normes sismiques et s'ils ne s'effondrent pas ils seront inhabitables, 800 000 bâtiments détruits n'est pas une estimation irréelle, ni 12 000 morts sans compter les blessés.
c'est un peu simple de penser comme au cinema que seul Tokyo sera touché, les destructions vont s'étendre dans tout le Kanto, plus de 35 millions de personnes.
On connait moins ce qui se passe sous nos pieds qu'au dessus de nos têtes, la sismologie est une science bien plus récente que l'astronomie et sans avoir eu de relevés précis pendant des siècles les scientifiques font ce qu'ils peuvent pour estimer les probabilités de séismes mais à chaque fois ils ont de surprises, ils découvrent un phénomène nouveau. La population, elle, veut des certitudes comme des tuyaux pour toucher le tiercé dans l'ordre et comme pour les courses de chevaux, les journaux leur en vendent.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de Mr. Tanaka

Oui, en fait je crois surtout qu'on a un problème avec le mot "immeuble", qui désigne en français un bâtiment de plusieurs étages (cf. n'importe quel dictionnaire) D’où mon extrapolation avec 9 habitants par "immeuble".
En fait, il aurait fallu écrire "bâtiments".

Et effectivement, si on prend les chiffres de la préfecture de Hyogo (5.5 millions d'habitants, 5500km2), il y a eu 280.000 bâtiments (essentiellement des maisons, pas des immeubles) détruit ou partiellement détruit. (dont seulement 40.000 bâtiment commerciaux)

J'ai cherché un petit moment sur les news japonaises, je ne retrouve pas ce chiffre. Mais bon, effectivement cela a du sens si on parle des maisons en papier-carton.

En clair, mieux vaut vivre dans un immeuble même de 20 étages, il a clairement moins de chance de tomber.

Mieux vaut en rire que s'en foutre.



Portrait de luinil

J'ai même l'impression que plus les immeubles sont hauts, moins ils tombent (mais plus t'as peur dedans, histoire vécu il y a bientôt un an :) )



Portrait de JIM

Et plus ça donne des nausées aussi^^.



Portrait de luinil

Oui, le mal de mer au 15e étage :p 地震酔い qu'ils appellent ça ^^

Pour ceux qui connaissent pas, les hauts immeubles se balancent doucement pendant assez longtemps après une forte secousse (ils font les tours de façon a qu'elles se balancent pour absorber le choc). Comme dans un bateau, on attrape le mal de coeur.

Le problème c'est que dans des journées comme le 11 mars, avec un séisme toutes les demi heures, ça se balance presque en continu pendant tout l'aprèm...

On retrouve le même balancement lorsqu'un typhon passe ^^'



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