Le Japon, un écolo ambigu

Exemple de développement économique et écologique par le passé, le Japon a recours à des compromis pour suivre les objectifs contre le réchauffement climatique, selon une étude de l'Institut Français des Relations Internationales .

Difficile de concilier écologie à puissance économique. Dans une étude de l'Institut Français des Relations Internationales (Ifri), Céline Pajon titre « La politique ambiguë du Japon sur le changement climatique ».

Pour la chercheuse spécialiste du pays, le Japon se place en situation paradoxale. Leader sur les questions climatiques au niveau mondial et particulièrement en Asie, le pays est dominé par le monde industriel.

« Il en résulte une forte dépendance envers les mécanismes de flexibilité et les compensations de carbone pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto », écrit-elle. Rejetant beaucoup de CO2, le pays est obligé de racheter des quotas à d'autres pays moins polluant pour avoir de bons chiffres.

Céline Pajon a réalisé deux séjours de recherche à l'université Waseda de Tokyo et à celle d'Osaka, après des études de science politique et de relations internationales à Lyon et à Genève.

Elle a publié plusieurs articles de recherches en anglais et en français concernant le Japon contemporain et ses relations internationales et travaille aujourd'hui à l'Ifri, qui se présente comme l'un des dix « think tanks » les plus influents dans le monde.

Apparition de taxes vertes et meilleure communication

Selon le rapport, le pays a été un modèle écologique dans son développement économique des années 70 et 80 : « Le Japon a été un acteur central et unique sur les questions du changement climatique, en étant classé à la fois deuxième puissance mondiales et comme pays avec la meilleure efficacité énergétique en 1990 ».

Après l'état lieu dressé dans son rapport, Céline Pajon lance quelques recommandations aux preneurs de décisions du pays et au gouvernement japonais. Elle suggère plusieurs outils permettant d'atteindre l'objectif de réduction de carbone signée dans le protocole de Kyoto, en insistant sur l'apparition de taxes vertes chez les professionnels et les particuliers.

L'institut propose également d'améliorer la communication sur le thème du climat, au niveau local et international. « Obtenir un consensus au niveau national sur le changement climatique est la première étape pour l'élaboration d'une politique ambitieuse et efficace au niveau domestique, mais aussi vers la prise d'une position importante au niveau international », estime la chercheuse.

Enfin, Céline Pajon appelle directement le gouvernement à mieux travailler avec l'Europe. Pour se faire elle recommande au cabinet japonais de prendre des risques pour améliorer son image internationale, ternie par des affaires comme la pêche à la baleine.

La priorité du gouvernement de Naoto Kan est actuellement le redressement économique du pays. Reste à voir si le Premier ministre prendra en compte les recommandations d'un institut français pour y associer une prise de conscience écologique.
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