Le Japon va enfin signer la convention internationale sur la garde d'enfant

Après un divorce avec un Japonais, un étranger ne bénéficie d'aucun droit sur les enfants issus du mariage. Poussé par les gouvernements étrangers, le Japon va signer l'année prochaine les accords internationaux sur l'enlèvement des enfants et les droits parentaux.

Se marier, faire des enfants, divorcer et... enlever ses enfants. Jusqu'à maintenant, un Japonais ayant eu des enfants avec un étranger peut les enlever en tout légalité. Mais le Japon annonce la signature, l'année prochaine, de la Convention de La Haye de 1980 sur l'enlèvement d'enfants.

Dans le Code civil japonais, la garde partagée et le droit de visite n'existent pas. Suite à un divorce le parent japonais obtient systématiquement la garde. Dans la plupart des cas, il coupe les ponts avec son ex-conjoint et l'empêche de revoir les enfants.

L'ambassade de France au Japon répertorie 35 cas d'enlèvement d'enfant par le parent japonais. Aux Etats-Unis, il y en a 82, concernant 123 enfants. Le parent étranger n'a alors aucune droit pour les revoir.

Depuis des années, les gouvernements étrangers font pression sur le Japon pour régler ce problème de plus en plus courant. Selon le quotidien Asahi, 37 000 Japonais et Japonaises se sont mariés avec des étrangers en 2008. 19 000 divorces ont été enregistrés cette même année.

En janvier dernier, les ambassadeurs de huit pays, dont la France, ont écrit une lettre au gouvernement japonais pour qu'il reconnaisse la législation internationale dans ce domaine. Le Japon est l'un des rares pays développés à ne pas avoir signé la Convention de la Haye.

Asahi rapportait alors les mots échangés par le Premier ministre de l'époque Yukio Hatoyama, et ses ministres des Affaires Etrangères et de la Justice : « Le Japon est regardé par le reste du monde comme une exception à la règle. Il faut trouver une solution à la Convention de La Haye le plus vite possible ».

Les voix japonaises s'élèvent également. Certains parents japonais sont eux-mêmes victimes de l'enlèvement de leurs enfants par leurs conjoints étrangers. C'est le cas de Kayoko Yamada, dont le fils de cinq ans a été amené en République Tchèque par son mari l'année dernière.

Ce pays est signataire de la Convention de 1980. Mais comme le Japon ne l'est pas, elle ne peut pas entamer de procédure judiciaire pour tenter de le ramener chez elle. « J'espère seulement que le Japon va signer la convention le plus tôt possible », déclarait-elle à Asahi en mars dernier.

10 000 personnes avaient alors signé sa pétition pour demander au gouvernement de signer. Mais si les sources du Mainichi affirment que le Japon va le faire l'année prochaine, la modification de la législation sur la garde partagée et les droits de visites prendra du temps.

Et si les litiges entre parents japonais et étrangers pourront être réglés par la Convention, ce n'est pas le cas des divorces entre Japonais. Le Code civil devra être modifié pour que les deux parents puissent se partager la garde.

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