Les entreprises japonaises méritent-elles leur réputation ?
Codifié, rigide, le monde de l'entreprise japonaise a la réputation d'être difficile d'accès pour les étrangers qui n'en maîtrisent pas les règles.
Déjà 12 ans depuis la publication de « Stupeur et tremblements », le récit autobiographique d'Amélie Nothomb décrivant le système rigide du travail au Japon.
Aujourd'hui, les entreprises japonaises sont encore souvent décrites comme un monde à part, énigmatique. Et internet fourmille d'anecdotes qui renforcent le mythe.
"Savoir lire entre les lignes"
Charlie Badenhop, new-yorkais au Japon depuis 25 ans, explique ainsi sa propre expérience sur le site du JapanInc. Au delà de la présentation des cartes de visite ou de la courbette, il faut surtout, selon lui, apprendre à interpréter le comportement de ses collègues ou supérieurs japonais.
« Il est important de savoir lire entre les lignes, parce que les Japonais sont passés maîtres dans l'art de la nuance. » Ainsi, si la proposition que vous présentez est reçue par vos supérieurs avec un silence et un simple « Merci », il faudrait comprendre cette réponse comme un désaccord d'opinion. Au pays du soleil levant, tout français devrait apprendre à composer avec les nuances de silence, car nul ne prendra le risque de l'humilier par trop de franchise.
Par ailleurs, si vous recevez de nombreux compliments de la part de vos collègues, cela voudrait dire que vous êtes toujours un étranger à leurs yeux. Ce n'est que le jour où vous recevrez une sévère critique que vous pourrez vous considérer comme intégré.
Une culture si particulière ?
Sur les forums, des internautes notent d'autres particularités culturelles. La capacité à moduler sa voix selon que l'on parle à un inférieur ou un supérieur, les horaires de groupe, le passage obligé du nomikai (soirée arrosée entre collègues) pour s'intégrer, l'importance de l'ancienneté, autant de petits détails qui contribuent à renforcer l'image particulière de l'entreprise japonaise.
Pour Pierre Maugendre, conseiller consulaire pour l'emploi de l'ambassade française, « Les codes en entreprise sont bien sûr différents au Japon, il faut les comprendre et s'adapter. Mais le monde de l'entreprise japonaise n'est pas plus particulier que celui de toute entreprise étrangère pour un expatrié.» Chaque pays possède ses propres coutumes de travail, celles du Japon sont-elles vraiment plus surprenantes ?
A lire aussi :
S'intégrer dans une entreprise japonaise, un parcours initiatique
Du travail dans les cultures japonaises et occidentales, selon Taro Aso
Kim Jong-il, les derniers jours d'un dictateur - Un Documentaire exceptionnel
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"Stupeurs et tremblements" ?... C'est ça la référence culturelle ?... MdR... Quand j'ai vu ce film j'ai hurlé de rire en me disant "cette femme, la soi-disante héroïne, est une vraie truffe avariée... Si c'était une biographie, la femme était censée être née au japon (et donc avoir absorbé les codes sociaux nippons)... Dans ce film on voit une imbécile d'étrangère qui se pointe sans rien savoir de la structure japonaise...(tu m'étonnes qu'une fille d'ambassadeur n'a jamais bossée !)... et ne s'adapte pas mais fais selon son égo... une foutaise quoi. (si vous n'avez pas compris, je n'ai ni aimé le film, ni l'auteur, ni le style).
Je suis quand même étonné qu'on adopte le mode "pensée unique" dans nos sociétés, comme si on n'admettais pas que "l"autre" a ses propres codes de conduite auxquels on doit s'adapter...
Bah... Ceux qui habitent et travaillent au japon vont nous en dire un peu plus... à moins qu'ils bossent en autarcie dans des entreprises bien françaises...
Bah surtout même les jeunes ne veulent plus se plier à toutes ces règles souvent archaïques et inutiles. Des règles de façade. Les turnover sont de plus en plus fréquents non pas parce qu'on vire mais parce que les gens partent.
Tiens c'est vrai que bientôt c'est la saison des bônenkai. A cause du 11 mars ils n'annulent pas ça aussi?
Je confirme que "stupeur et tremblements" peut vous servir à faire beau sur une bibliothèque, à caler un meuble, voire servir de sous-bock, mais certainement pas de référence sur le monde de l'entreprise nippone.
この世はでっかい宝島
Entièrement d'accord, seulement ce livre, puis film, est devenu une référence chez les gens peu éclairés sur le Japon "Ah bon vous voulez travailler chez eux, mais vous avez vu ce film ? Vous êtes fou..." comme le navet interstellaire Wasabi, dans un autre registre.
Ce qui est bien dans les clichés, c'est qu'ils on la peau dure, donc les entreprises nippones bénéficient toujours d'une excellente réputation en Occident, qualité, sérieux, rigueur, malgré les nombreux couacs et scandales de ces dernières années, cette semaine c'est Honda qui s'y colle par exemple... sur ce point, les gens font bien la différence entre les boîtes Japonaises et Chinoises (encore heureux).
Demandez à un mécano français, il vous répondra d'acheter Allemand ou Japonais.
Les clichés jouent encore en faveur du Japon, après tout tant mieux.
Pour ce qui est du fonctionnement de ces entreprises, on est en droit de se demander quel serait leur positionnement au niveau mondial sans toutes se règles qui nuisent pour la plupart à leur compétitivité...il y a de la marge de manœuvre, assurément.
"le jour où vous recevrez une sévère critique que vous pourrez vous considérer comme intégré" donc le jour où vous êtes licencié, c'est champagne !! ^^
Ce qui est clair c'est que pour un expatrié c'est beaucoup plus confortable de travailler dans une société étrangère ... Si c'est une de ces nombreuses sociétés japonaises pas vraiment internationales ... Bon courage ...
Demandez à Woodford quant aux pratiques obscures des entreprises japonaises.
Le roman de Nothomb était irréaliste mais les dialogues amusants et pas si éloignés de la réalité que ça .
Bonjour chez vous!
http://www.youtube.com/watch?v=Td4pqnCCo0M
Sinon, je viens seulement de le remarquer mais la photo est louche: normalement on ne se passe pas les cartes de visite en même temps et d'une seule main comme ça. Essaye encore, petit scarabée ^^
この世はでっかい宝島
achan à l'oeil fin, c'est vrai que cette façon d'échanger les cartes n'est pas très japonaise.
Connaissez-vous le roushikyouchou ?
Bonjour chez vous!
http://www.youtube.com/watch?v=Td4pqnCCo0M
Achan... cet échange de "meishi" n'est-il pas usuel avec deux personnes de même niveau ? Le "meishi" à deux mains est exécuté quand "l'inférieur" présente sa carte à un "supérieur"...
SLV, difficile de deviner avec le "romaji" ; les "kanji" sont plus explicites... "roushikyouchou"... serait-ce une loi qui protègerait employeur et employé ?...
Bonne journée et bon courage à vous tous.
No way!! Toujours a deux mains, toujours. Comme pour verser la bière. Enfin, c'est comme ça que je l'ai fait et vu faire dans 100% des cas depuis 5 ans. Ou alors entre potes, mais pas dans un contexte de business. Avant de tendre formellement sa carte il faut se présenter, entreprise et nom, si on le faisait en même temps on ne s'entendrait plus.
Tendre et recevoir les cartes à une main, c'est bon pour ces rustres d'occidentaux. D'ailleurs si tu regarde bien tu verras que ce sont des mains d'occidentaux sur la photo.
Peut être que le rang hiérarchique entre en jeu pour savoir qui sort sa meishi en premier. Mais la ça devient trop pointu pour moi, j'ignore les détails.
この世はでっかい宝島
Personne au Japon n'est au même niveau, il y a toujours une hiérarchie.
労使協調 comme ça, c'est mieux ?
Il y a ceci mais ce n'est pas suffisant. Il manque des références.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Harmonie_industrielle
Bonjour chez vous!
http://www.youtube.com/watch?v=Td4pqnCCo0M
Ce qui m'a le plus gonfler quand j'ai bossé pour une (plusieurs) boîtes japonaises, c'est cet esprit de soumission permanent entre le responsable et sons sous-fifre. Généralement le sous-fifre fait le boulot, et le pseudo boss, ne fait que semblant... Super... Par contre, parfois il paye à manger, ça c'est cool.
Visitez mon blog osé :
http://www.japonweird.com
Ce qui m'a le plus gonflé, ce sont les réunions interminables où il ne se passe rien et où aucune décision n'est prise. Ainsi que le jeu que jouent beaucoup d'employés où il faut faire semblant d'avoir des responsabilités, alors que moins ils en font, mieux ils se portent.