Les grandes ambitions du porno japonais
L'industrie pornographique occupe une place de choix dans la société japonaise, mais aspire à plus de considération, et à un marché plus grand. Malgré le libéralisme des Nippons sur la question, les barrières sont nombreuses...
« Une Japonaise sur 200 a déjà tourné dans une vidéo pour adulte » C'est en tout cas ce qu'affirmait récemment le Shukan Post, un magazine japonais, s'appuyant sur les dires de professionnels du milieu.
Le chiffre est invérifiable et l'arithmétique hasardeuse : pour les chiffres officiels, il n'y a « que » 2000 à 3000 nouvelles actrices recensées tous les ans. A quoi s'ajoutent les production amateurs et underground, 35 000 vidéos par an, pour un total de 150 000 Japonaises qui auraient déjà travaillé pour le cinéma pour adulte. Une sur 200, donc, parmi les 30 millions de femmes entre 19 et 55 ans que compte le pays.
Si tant est qu'on fasse confiance à son auteur, cette évaluation en dit long sur la taille de l'industrie pornographique japonaise. Elle pèserait aujourd'hui plus de 100 milliards de Yens (1 milliard d'Euros) et ne semble pas décidée à s'arrêter de croitre. Son ambition : devenir un secteur culturel comme un autre.
Vintage
Le porno nippon est bien plus avancé sur cette voie que ses concurrents internationaux, notamment grâce à la riche histoire de l'art érotique du pays. Les célèbres gravures de Shunga (art érotique) ont longtemps été appréciées par toutes les classes de la société, et laissent apparaître le libéralisme sexuel de la société de l'époque. Les premières photographies ont, elles aussi, illustré des scènes coquines, mais l'acceptation du genre a été remis en cause par les vagues de « moralisation à l'occidentale » qu'a subi le pays à la fin du XIXème et à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale.
La production érotique ou pornographique n'a pourtant jamais vraiment cessé, et connait une véritable renaissance depuis la fin des années 70. L'industrie s'est développée pour devenir un des leader mondiaux du secteur, et a su évoluer en étant très à l'écoute des désirs du public. Le « Japporn » joue sur les modes mais aussi sur la technologie : la légende veut que la VHS (comme le DVD ) se soit imposé grâce aux fameuses AV (vidéos pour adultes).
Rien d'étonnant, donc à ce que le secteur ne s'enferme pas dans le tabou que l'on connait en Occident. Au Japon, on ne parle pas porno en famille, mais on en lit parfois dans le métro, et en achète dans son mini-marché. Au-delà des enseignes et publicités abondantes qui étonnent souvent les touristes, la pornographie peut prétendre à une place dans le paysage culturel nippon.
Maria Ozawa, Saori Tsuchiya ou Sola Aoi ont des fans aux quatre coins du pays. Ces « AV Idols » reçoivent des prix en direct à la télévision pour leurs performances dans des « Pink Movies », et leur succès dépasse les frontières. Le Japon peut se féliciter de l'exportation des ses vidéos hard dans toutes l'Asie, y compris dans une Chine très pornophobe ou même vers la non moins allergique Corée du Nord.
Dans leur pays, les pornstars « Made in Japan » assurent fréquemment la promotion de jeux vidéos ou de voitures et tiennent des rôles plus habillés dans des films et séries télés. Les échanges vont dans les deux sens, puisque certaines actrices « conventionelles » ou d'anciens mannequins comme Minako Komukai sautent la barrière quand leur carrière se tasse. Il faut dire qu'un succès dans le porno peut assurer une retraite en or : l'industrie produit 6 fois plus de films que le reste du cinéma japonais.
Sur les réseaux sociaux comme dans certains médias généralistes, les AV Idols sont très suivies. Comme toutes les célébrités elles donnent leur avis sur beaucoup de sujets, et il leur arrive d'organiser des levées de fonds pour des associations caritatives.
Une notoriété qui permet aux actrices les plus réputées de sortir par la grande porte d'une profession difficile à assumer plusieurs années. Après une carrière de 2 ans qui lui a fait connaître le succès, Ai Lijima a été pendant presque 15 ans une célébrité du petit écran, mais la plupart des spectateurs ignoraient son passé de hardeuse.
Attention à ne pas croire que le porno a une réputation respectable : quand la même Ai Lijima est retrouvée morte dans son appartement en septembre 2008, son passé refait surface... tout comme la mauvaise image de l'industrie. Les réseaux sociaux grouillent alors de rumeurs sur les causes de sa mort, mélangeant histoires de drogues, de crimes et de maladies sexuelles.
Populaire mais marginal
Car si la morale japonaise n'impose pas autant de prohibition qu'en Occident, il reste toutefois un fossé entre le l'industrie pornographique et le « mainstream ». Longtemps, le « Japporn » a été en lien avec les milieux mafieux, et les traditions ont la vie dure. Les maisons de production sont connues pour blanchir l'argent sale, et les pontes de l'industrie pour avoir une histoire criminelle chargée.
Aujourd'hui, les businessmen prennent le relai des caïds à la tête des grandes compagnies du secteur. Ils communiquent sur leur stratégie financière et s'affichent dans des réunions en costume-cravate plutôt que sur les plateaux de tournage. Le but ? Changer d'image pour conquérir de nouveaux investisseurs et de nouveaux marchés.
Les obstacles sont pourtant nombreux et difficiles à surmonter. Le porno est souvent accusé d'être un frein à la lutte contre les infections sexuellement transmissibles. Même si certaines actrices se mobilisent pour des campagnes de sensibilisation, à l'écran, les rapports sont rarement protégés et propagent l'idée que la femme n'a pas son mot à dire sur la question.
Au Japon comme dans les pays importateurs, les contenus sont aussi attaqué pour les messages qu'ils véhiculent. Le porno japonais est connu pour explorer tous les thèmes et tous les goûts : les scènes de viols ne sont pas rares, les allusions à la pédophilie, à l'inceste ou à la violence non plus.
Le plus gros point noir dans l'image de l'industrie reste sans doute ses liens avec la prostitution. La aussi, le Japon fait figure d'exception, en fermant les yeux sur les pratiques des bars à hotesses, des soaplands, deri huru et autres fuzoku. Les deux milieux sont plus que proches : les lupanars se servent des produits pornographique pour faire leur publicité, et nombre de vidéo qui s'échangent dans le commerce montrent des amateurs ayant recours aux services de professionnelles.
Ces dernières sont parfois mineures et exercent ce métier par obligation financière. Elles tournent des vidéos à la chaîne, en dehors de toute protection légale, et jonglent entre porno et prostitution en fonction des primes ou des bons vouloir d'un employeur.
Derrière les quelques stars des AV, à l'mage de plus en plus lisse, se cachent donc l'immense business des "lieux de divertissement". Un réalisateur interviewé par le Shukan Post ne cache pas l'existence de ces liens, et en revient à ses statistiques. 23 000 lieux pour adultes recensés dans le pays, et, d'après lui, 450 000 travailleuses de l'industrie du sexe au sens large... soit une Nippone sur 65.
A Lire aussi :
Chine : des étudiants chinois préfèrent une star du porno au candidat officiel
Les mariages sans sexe, problème de santé publique au Japon
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"Kabuchiko, un quartier "chaud" de Pékin ou se tassent bars à hôtesse et sex-shops"..........????????
C'est une blague?
D'abord c'est Kabuki-Cho... quant à la localisation géographique...
Et au passage, la locution "si tenté" n'a aucun sens et n'existe d'ailleurs pas. Préférez plutôt "si tant est que".
Ils voulaient dire Beijing.^^
Énormément d'approximations et d'erreurs dans cet article.
"Dans leur pays, les pornstars « Made in Japan » assurent fréquemment la promotion de jeux vidéos ou de voitures et tiennent des rôles plus habillés dans des films et séries télés." : au contraire, je crois que ça arrive rarement.
"Les échanges vont dans les deux sens, puisque certaines actrices « conventionelles » ou d'anciens mannequins comme Minako Komukai sautent la barrière quand leur carrière se tasse." : de même, c'est rare, et quand ça arrive comme récemment pour un fille du groupe AKB48, ça fait beaucoup parler...
je ne comprends pas le sens de l'article.
Veut-il dire qu'une japonaise sur 65 s'est déjà prostituée?
Veut-il dire qu'une japonaise sur 200 s'est prostituée dans un film porno?
Veut-il dire que puisque l'industrie du sexe représente un beau marché, il a droit d'être reconnu comme une culture?
Mis à part l'éternelle comparison entre un occident pudibond et complexé face à un Japon libertin et sans tabou, qui renvoie à une image d'un figée de la société européenne du XIXe siècle totalement anachronique quand on voit l'avancé de cette société pour l'égalité et le droit des femmes à décider de leur vie alors qu'au Japon, la femme est encore soumise, inférieure à l'homme au travail et dans la famille. La pilule contraceptive qui a contribué à la libération sexuelle en occident n'est autorisée que depuis 1999 et ce après 9 ans de débats à cause entre autre du lobbying des médecins qui trouvent les avortements plus rentables (autorisée en France en 1967).
La " moralisation à l'occidentale" et l'interdiction de montrer les parties génitales fut décidé par le gouvernement Meiji et ne fut jamais imposé par l'occident. Après la guerre on doit seulement à Mc Arthur d'avoir interdit les bains mixtes.
L'industrie du divertissement est globalement manipulée par la mafia, des agences de "talento" aux actrices porno professionnelles et amateurs que des rabatteurs cueillent à la sortie des gares et par annonces dans les magazines. Qu'ils soient habillés en businessman ne change rien au fait qu'ils soient yakuza.
Si la pornographie est l'échange d'un acte sexuel filmé contre une somme d'argent ou un avantage matériel, elle est quoi qu'on en dise de la prostitution.
Bonjour chez vous!
http://www.youtube.com/watch?v=Td4pqnCCo0M
Moi aussi je suis étonné par l'image très correct des pornostars du Japon. Au Tokyo Motor Show, y avait effectivement des filles qui présentaient les voitures en se revendiquant du milieu du porno. Pour être un habitué des salons auto c'est pas si fréquent... Si, je crois qu'il y en avais une à Shanghai, mais la aussi, une japonaise!!! Ca avait créer un bon attroupement, et c'était visiblement pas que des Japonais. 'Fin bref, j'ai toujours trouvé ca pas plus mal que ceux que ça passionne s'assume. Mais avant que ca devienne une vrai "industrie culturelle", il faudrait être sûr que les filles sont là par choix...
Et les garçons ??????
... A force de passer juste au dessus de la barre ...
Le Japon est bien heureusement moral, encore assez éloigné des sociétés décadentes occidentales en fin de course. Ce qui rend le climat sociétal encore relativement sain.
Ha oui je suis bien d'accord! La première fois qu'on m'a expliqué ce que c’était qu'un "bukkake", je me suis tout de suite dit "Ce Japon est bien moral et éloigné des sociétés décadentes occidentales (ou on ne fait pas de bukkake). Pour sur, si en Europe aussi on avait du bukkake, le climat sociétal serait plus sain. Vive le Bukkake!" (^o^)/
この世はでっかい宝島
C'est bien connu, au Japon, tout le monde pratique le bukkake !...
Je ne pense pas que Nikki faisait allusion aux pratiques sexuelles en particulier. Après je ne sais pas si le terme moral est correct. J'ai rarement rencontré une population qui soit morale, des personnes oui mais tout un peuple certainement pas.
Si j'en crois le rayon rose du tsutaya à coté de chez moi, c'est une pratique courante dans les entreprises, les écoles, les hôpitaux, les prisons, les avions, les trains, les restaurants, les grandes administrations, la police, la marine, les zoos ... ;-)
この世はでっかい宝島
Ahahah ! C'est pas faux ;-)
Ce que j'aime bien avec les bons gros trolls, c'est qu'à chaque fois, on se pose la question "il le fait exprès là, c'est pas possible autrement" mais ensuite, on se dit "on ne sait jamais, il y a peut-être des gens comme ça".
C'est exactement ce que je pense de ce commentaire de Nikki. :)