Les jeunes Japonais de nouveau attirés par la vie rurale

Stabilité de l'emploi, vie en communauté et environnement sain... Déçus par la ville, de plus en plus de jeunes urbains choisisse une carrière paysanne, et repeuplent les campagnes...

Chaque semaine c'est le même manège : le bus se rempli en ville de jeunes Japonais, et les emmène l'espace d'une journée à la découverte de la vie rurale. Ces urbains s'essayeront quelques heures au travail fermier, dans les vergers de pommiers ou les serres de tomates. Une excursion vivifiante, pour ceux qui ne quitte quasiment jamais les néons et le bruit des grandes mégapole, et une opération promotionelle pour les autorités locales.

Les gouvernements de zones rurales organisent et financent depuis longtemps ces journées-test, destinées à attirer les jeunes hors des centres urbains et tenter de repeupler des régions vieillissantes.

Exode urbain

L'idée n'est pas nouvelle, mais elle semble enfin fonctionner. « De plus en plus de gens veulent devenir paysan », explique Naoko Maruyama, un officiel de la région de Nagano. « Notre préfecture aide les urbains qui veulent venir à la campagne », notamment grâce à un site web qui fait la promotion de ce genre d'exode.

Le site se propose d'aider les candidats à la vie fermière à trouver un logement, une terre cultivable, et offre des formations à un nouvel emploi : « Ce n'est pas si facile de devenir paysan », prévient Naoko Maruyama.

Pas de quoi effrayer les jeunes nippons, qui sont avant tout à la recherche d'un emploi stable. Aujourd'hui un tiers des travailleurs des grandes villes japonaises ont des contrats temporaires et cette précarité est pour beaucoup source d'«  anxiété financière », comme l'explique la jeune Megumi Sakaguchi, à la BBC. Ironie de l'histoire, les aïeux de ces nouvelles générations avaient fui la campagne pour aller chercher en ville la stabilité des emplois de bureau.

Les difficultés économiques que traversent les multinationales japonaises se répercutent sur la sécurité de l'emploi urbain, mais épargnent les emplois paysans.

De l’ingénierie au concombre

Le dynamisme des campagnes trouve aussi sa source dans la triple catastrophe du 11 mars. Problèmes écologiques, vulnérabilité des villes, renaissance du lien social... La société a été moralement bouleversée par le désastre, amenant beaucoup de Japonais à remettre en cause leur mode de vie.

Si Megumi Sakaguchi a sauté le pas et quitté la ville, c'est pour « être en contact avec sa communauté », et avec « une vraie nature ». Fini les rêves d'une vie « éclatante » et « vibrante » dans la capitale, fini les « passagers du métro au comportement inhumain », elle a choisi la campagne parce que « les voisins se saluent », et que l'on peut « même parler aux inconnus ».

Du côté des locaux, on voit d'un bon oeil ces nouveaux arrivants. M. Takana, éleveur de concombre, a ainsi pu trouver un apprenti. « Mon fils est devenu policier, et même si il changeait d'avis, il serait trop vieux », explique l'octogénaire à la radio britannique . Il formera donc Hitoshi Kajiya, qui se destinait jusqu'alors à une carrière d'ingénieur système à Yokohama. Après avoir découvert la ferme lors d'un tour organisé, il s'y engage presque aussitôt pour « vivre plus lentement », et ainsi mieux « s'accomplir ».

L'exode urbain reste tout de même un phénomène très minoritaire qui peine à lutter contre le vieillissement des campagnes : l'âge moyen du paysan nippon frôle les 66 ans.

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Le gouvernement japonais veut envoyer de jeunes chômeurs à la campagne

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Portrait de slv

"M. Takana, éleveur de concombre" il me semble que l'on utilise éleveur pour les animaux et pas pour les légumes.



Portrait de Karugara

" et que l'on peut « même parler aux inconnus ». " : attention les ruraux sont des gens comme vous et moi et peuvent donc également être des criminels en puissance ^^



Portrait de Jack le pécheur

Ohhh, Shirakawa-go…



Portrait de lejloup

Pourquoi pas !



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