Massacre de Nankin: appel de personnalités japonaises à la "vérité historique"

Des personnalités japonaises ont lancé jeudi un appel pour "le droit à la vérité historique", en protestant contre la façon dont est traitée, "surtout dans les médias occidentaux", la question du massacre de civils à Nankin (Chine) par l'armée japonaise en 1937.

"Nous lançons cet appel en 2007, 70 ans après l'entrée des troupes japonaises dans la ville chinoise de Nankin, sachant que cet événement est exemplaire de la façon non-objective dont on traite l'Histoire contemporaine du Japon, surtout dans les médias occidentaux".

"L'histoire écrite par le vainqueur n'est pas obligatoirement l'histoire réelle. Nous exigeons le droit à la vérité historique, c'est-à-dire la prise en compte de toutes les thèses et la confrontation des preuves", écrivent les neuf signataires (des historiens, des écrivains, des professeurs d'université et un cinéaste).

"Nous refusons l'intoxication et la diabolisation permanente de notre peuple par une vision politico-idéologique de l'histoire", ajoutent les auteurs.

Parmi eux figurent l'historien Shudo Higashinakano, président de l'Académie des études sur Nankin, l'écrivain Kazuo Ijiri, directeur de l'Institut des études sur la culture japonaise, le cinéaste So Mizushima, auteur du film "La vérité sur Nankin" ou encore l'écrivain Tadao Takemoto, traducteur et ami du Français André Malraux.

Se présentant comme des "représentants de la culture japonaise", ils affirment se placer dans la lignée d'historiens français qui avaient lancé en décembre 2005 l'appel "Liberté pour l'histoire" et d'historiens belges auteurs en janvier 2006 d'un manifeste, "Pléthore de mémoire: quand l'état se mêle d'histoire".

"Nous faisons nôtre" un passage de l'appel des historiens français, "signé par 700 personnalités", ajoutent-ils: "l'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabou".

En décembre 1937, les troupes japonaises se livrèrent à des atrocités contre la population civile de Nankin qu'ils occupaient. Selon les Chinois, ce massacre a fait 300.000 morts civils. Après la guerre, les Alliés ont parlé de 140.000 morts. Des historiens japonais jugent ces bilans exagérés.

Le 25 avril, 70 ans après, le gouvernement japonais a souligné la difficulté de dresser un bilan exact tout en reconnaissant des "crimes à l'encontre de civils".


Image of L'armée de l'empereur : Violences et crimes du Japon en guerre 1937-1945
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