Navigation en eaux troubles entre Chine et Japon

La vague récente de manifestations antijaponaises en Chine, déclenchée par l’achat par Tokyo de trois îles contestées, a éclipsé un fait inquiétant qui risque de provoquer un conflit plus vaste : l’adoption par Pékin d’un cadre légal l’autorisant à expulser des navires étrangers présents dans les eaux contestées en mer de Chine orientale. De notre partenaire Rue 89.

Un garde-côte japonais près des îles Diaoyu/Senkaku annonçant en chinois « vous

Le dernier cycle de tensions entre les deux pays a culminé la semaine dernière avec l’annonce de l’achat par le gouvernement nippon de trois des cinq îles d’un archipel inhabité dans cette région, nommé Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois.

Si cette manœuvre visait à empêcher le gouverneur de Tokyo – un nationaliste radical – de les acquérir lui-même, le détail semble avoir échappé à Pékin, et l’initiative japonaise intervient à un moment particulièrement délicat.

Face à ce qu’elle a interprété comme une réaffirmation des revendications territoriales du Japon, la Chine a rapidement réagi par une série de « coups combinés », selon l’expression de la presse officielle : condamnations fermes de l’attitude japonaise par les membres du Politburo, promesse du Premier ministre Wen Jiabao de ne « pas céder d’un iota », menaces de représailles économiques, et annonce de manœuvres conjointes des divers corps d’armée chinois, incluant des exercices en mer Jaune et dans le désert de Gobi.

Eaux territoriales

Toutefois, une mesure plus discrète pourrait avoir à terme des répercussions bien plus considérables. Le 10 septembre, le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé le tracé de lignes de base afin de démarquer officiellement les eaux territoriales du pays dans la région.

Pour la Chine, cette décision place juridiquement les îles disputées sous son administration, défiant directement le contrôle exercé par le Japon ces quatre dernières décennies.

Cette formalisation de ses revendications constitue un changement de cap de la part de la Chine, qui tentait jusqu’alors de négocier avec le Japon l’exploitation conjointe des ressources, et diffère de son approche à l’égard de la mer de Chine méridionale, où elle laisse délibérément planer une certaine ambiguïté sur ses revendications.

Cette démarche inédite oblige le gouvernement au regard de ses propres lois – et aux yeux de son opinion publique – à assurer son autorité juridique effective sur les eaux entourant les îles Diaoyus. Presque immédiatement après l’annonce du tracé des lignes de base, six navires chinois de surveillance maritime ont été dépêchés dans le secteur.

Pour ne pas être en reste, l’Administration de la pêche, la seconde autorité maritime chinoise, a annoncé son intention de patrouiller dans les eaux disputées, pour y assurer dans un premier temps la protection d’un millier de bateaux de pêche qui viennent de s’y rendre.

Cette réaction vigoureuse de la Chine s’adresse tant à la communauté internationale qu’à sa propre population.

Plusieurs analystes chinois soupçonnent le Japon de chercher à perturber la passation imminente de pouvoir à Pékin et à déstabiliser un gouvernement actuellement vulnérable.

La succession a jusqu’à présent été assombrie par des scandales qui ont discrédité deux prétendants à de hautes fonctions, ainsi que par la disparition inattendue du futur président Xi Jinping de la scène publique durant plusieurs semaines.

Passions nationalistes

Sous la pression du mécontentement populaire, suscité par des inégalités croissantes, la corruption généralisée, l’inflation galopante et la crise du logement, et des rumeurs de discorde au sein de l’appareil d’Etat, Pékin ne peut sembler trahir l’intérêt national face à son ennemi juré.

Toutefois, les effusions actuelles de patriotisme restreignent significativement les moyens de Pékin pour apaiser la situation à l’avenir. Malgré tous les efforts de censure et de contrôle par le gouvernement, l’Internet a fourni au public chinois un accès sans précédent à l’information et aux moyens de diffuser ses opinions, érodant le contrôle du régime sur le flux et reflux des passions nationalistes.

Les internautes peuvent à présent surveiller les navires militaires par photos satellites, critiquant et raillant le gouvernement lorsqu’ils s’arrêtent à la lisière des eaux disputées.

Les deux plus grandes agences gouvernementales maritimes chinoises, qui sont déjà en compétition en mer de Chine méridionale pour accroître leur budget et leur influence, ont vu leur rôle renforcé pour affirmer la souveraineté chinoise en mer de Chine orientale.

Des patrouilles chinoises plus fréquentes dans le secteur et la surveillance continue des îles par les garde-côtes japonais rendent les risques d’incidents maritimes plus élevés que jamais.

Bien que des accrochages se soient déjà produits – telle que la collision d’un bateau de pêche chinois avec un navire japonais et l’arrestation de son capitaine par les garde-côtes nippons en 2010 – et que les deux pays soient parvenus à apaiser les tensions, la situation actuelle est d’une toute autre nature. Cet incident pouvait être imputé à l’excès de zèle d’un pêcheur chinois.

Mais une escarmouche entre bâtiments officiels, dépositaires d’une autorité publique, pourrait bien s’avérer insoluble.

Avec notre partenaire:
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Portrait de slv

En diplomatie l'art consiste à ménager une porte de sortie honorable pour éviter d'avoir recours à la guerre qui n'est jamais que la solution de facilité pour les gouvernements prompts à sacrifier leur peuple au dépend d'une politique à la vue courte.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de vigie

J'ai l'impression que les Chinois nous refont une réplique exacte de l'escarmouche de l'île Damanski en 1967-68, les opposant à l'ex-URSS...
Ça tombe d'autant mieux pour eux que leur porte-avion est pratiquement terminé et qu'il est destiné aux régions Sud de la Chine...
La montée en puissance militaire des communistes, ainsi que leur 2e place dans le rang économique international, leur donnent" les coudées franches" pour la jouer au plus fort...
Le Japon va prendre une déculottée devant tout le monde... Après tout rien de plus normal puisque le Japon est toujours muselé par les Américains sur le plan législatif... Alors, à quand la prochaine "poussée" communiste ?



Portrait de luinil

Vigie, attention à ne pas sous estimer les forces japonaises qui sont l'une des meilleures (non) armée du monde, et en plus seront appuyées par la meilleure armée du monde, les USA.



Portrait de slv

L'armée japonaise est sûrement très bien équipée avec tous les gadgets à la mode mais elle n'a aucune expérience de conflits depuis plus de 60 ans, quant aux stratèges galonnés, s'ils sont aussi doués que les politiques ça promet d'être aussi désastreux qu'après Pearl Harbor.
Heureusement pour le japon que les États Unis sont là, malgré toutes les rancœurs et jalousies.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de achan

C'est ennuyeux de penser qu'aucun soldat de la Jieitai, ni aucun instructeur (sauf peut être s'il y a des instructeurs septuagénaires) n'a jamais connu le feu. J'ignore dans quelle mesure exactement c'est gênant (après tout, tout soldat a son baptême du feu un jour), mais c'est clairement un handicap.

Quant aux USA, ils sont très forts pour écraser par le déploiement pléthorique de moyens industriels les petits pays sans réelle maîtrise de leur espace aérien, mais avec la Chine ça serait une autre paire de manches que pour les talibans ou l'Irak. J’espère bien qu'on aura jamais l'occasion de vérifier, cela dit...

Et le gouvernement chinois est aussi communiste que je suis martien. Si on admet qu'il ne suffit pas de se dire communiste pour vraiment l’être...

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de vigie

Mille excuses Achan, mais je ne suis pas sûr de comprendre...
La Chine n'est pas communiste ? Le gouvernement n'en est pas ? Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois n'en est pas ?... Du coup je doute de mes lectures... Si la Chine n'est pas communiste, cela signifie qu'elle a raison quand elle affirme que le japon est fasciste ? Et donc, le sur-armement de la Chine et son prochain projet de sous-marin lanceur-d'engin nucléaire (contre les batîments de surface et mer-sol) sont des revendications pacifiques contre une nation fasciste sans force aéronavale et sans possibilité offensive...
Ou alors vous êtes un martien qui fait de l'intox en prétendant être Terrien ?...
;-)



Portrait de luinil

La Chine est un régime autoritaire ultracapitaliste qui se dit communiste comme la Corée du nord est une dictature qui se dit démocratique.

Regardez un peu la politique économique chinoise, comment fonctionne l'économie chinoise, et dites nous ce qu'il y a de communiste là dedans.



Portrait de slv

pas septuagénaires mais au minimum octo ou nonagénaire (plus grand chose en fait). La difference avec la playstation ou la nintendo c'est que si tu rates ta cible, elle, elle ne te rate pas, game over pour de vrai.

La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.



Portrait de luinil

Oui, enfin l'expérience de guerre réelle n'est pas la seule qui permet de ne pas rater sa cible, sinon tous les soldats seraient morts, vu qu'ils commencent tous sans expérience de guerre face a des soldats qui eux ont de l'expérience.



Portrait de vigie

wow... ca c'est un scoop... la Chine n'est donc pas communiste ! et la France n'est pas démocratique ni capitaliste alors, vu qu'il n'y a pas de proportionnelle, et que sa politique est socialiste... capitalisme que de nom ... les bras m'en tombe devant mon ignorance, et le politburo chinois n'existe pas, et ses représentants sont des fantoches... je comprends mieux pourquoi la Chine est un si beau pays qui fait parler de lui... Parce qu'il n'est pas communiste... Aujourd'hui, j'ai appris quelque chose de primordial... je vais revoir les livres d'histoires de mes gosses et corriger tout cela ! merci à vous tous...



Portrait de luinil

vigie, je vous conseille vraiment d'aller apprendre la définition du mot communiste, qui n'a rien a voir avec l'existence d'un politburo ou de représentants.

Mais avant ça, je serait curieux de savoir ce qu'est selon vous un pays communiste ?



Portrait de achan

Vigie tu fais beaucoup d'amalgames bizarres. Il n'y a aucun rapport entre le fait que la Chine soit communiste ou pas, son armement, ses SNLE, ses accusations de fascisme envers le Japon ou son agressivité.

Le communisme inclus la création d'une société sans classes, la collectivisation des moyens de production, l’extinction du salariat et au final de l'Etat. Je peux me tromper mais rien de tout ça n'est au programme en Chine. Le gouvernement chinois se nomme communiste pour la galerie mais il ne l'est pas dans les faits. C'est le sens de la phrase "si on admet qu'il ne suffit pas de se dire communiste pour vraiment l’être".

Ce n'est pas un reproche que je lui fais ("ils ne sont pas assez communistes, ces social-traitres!"), ni un compliment ("ils ne sont pas communistes, donc ce sont des bons gars!"). Juste une constatation.

Alors maintenant peut être qu'un spécialiste de la Chine pourrait nous détromper en nous montrant comme le projet communiste est en marche en Chine, mais de ce que j'en ai entendu et de ce que j'en ai vu quand j'y suis allé, on en est loin.

Rassure toi, ça ne veut pas dire que ce n'est pas un pays antidémocratique et agressif, en un mot "des méchants", ce qui semble être l’équivalent de "communiste" pour toi.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de luinil

+1

Et en effet le fait que la Chine ne soit pas communiste est sans lien avec le fait qu'elle soit antidémocratique et agressive ^^'

Politiquement la Chine est un régime autoritaire a parti unique.
Après ce régime applique une politique communiste, ou une politique non communiste. Pour le moment la politique communiste à été perdue en chemin il y a très longtemps, et c'est une politique utra-liberaliste (niveau économique) sauce spéciale chinoise n'ayant rien a envier aux USA (les salariés doivent être largement mieux protégés aux USA...) à ce niveau.

Le tout labellisé communiste (et populaire) pour la forme :)



Portrait de Nikki2

"Le communisme inclus la création d'une société sans classes, la collectivisation des moyens de production, l’extinction du salariat et au final de l'Etat. Je peux me tromper mais rien de tout ça n'est au programme en Chine. Le gouvernement chinois se nomme communiste pour la galerie mais il ne l'est pas dans les faits. C'est le sens de la phrase "si on admet qu'il ne suffit pas de se dire communiste pour vraiment l’être".

Ce n'est pas un reproche que je lui fais ("ils ne sont pas assez communistes, ces social-traitres!"), ni un compliment ("ils ne sont pas communistes, donc ce sont des bons gars!"). Juste une constatation.
Alors maintenant peut être qu'un spécialiste de la Chine pourrait nous détromper en nous montrant comme le projet communiste est en marche en Chine, mais de ce que j'en ai entendu et de ce que j'en ai vu quand j'y suis allé, on en est loin."

Le problème, justement, c'est que le communisme est un projet totalitaire qui par nature est irréalisable. Ce n'est pas faute d'expériences et de millions de morts. On l'a essayé à la russe, à l'allemande, à la cubaine, à l'albanaise, à la chinoise, à la coréenne, à la cambodgienne et à chaque fois ça finit mal. Il faudra que les communistes expliquent un jour au bout du combientième essai ce sera dans la poche, parce que le compteur de victimes est déjà assez élevé et à chaque fois, après le bain de sang, ils expliquent que "ce n'est pas ça le communisme".

Si pour être communiste, il faut d'abord et avant tout réaliser les objectifs du communisme - par nature impossibles - alors évidemment, il n'y a jamais eu de pays communistes. Si en revanche, il suffit de se revendiquer du communisme et de dire prendre son temps afin d'arriver au communisme, alors oui il y en a eu quelques dizaines. Petite explication de base : en réalité il n'y a pas de pays communistes, sauf lorsque la révolution aura atteint ses objectifs : la société sans classe. En attendant, les pays qui marchent vers le communisme sont appelés "socialistes". D'où en Russie, "l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques". Les théoriciens communistes n'ont jamais écarté l'idée d'avancer "par étape" vers le communisme, dans un environnement hostile, l'environnement des puissances capitalistes. C'est le principe même de la NEP en Russie sous le régime terroriste des bolcheviques.

Donc la Chine est un pays socialiste avançant officiellement vers le communisme et cela se traduit dans les fait par une clique de vautours responsables de millions de morts qui fait du libéralisme quand ça l'arrange et de l'étatisme quand ça l'arrange. Elle a son embrigadement idéologique dans les écoles, ou on fait croire aux pauvres des campagnes les vieilles chansons sur la révolution de demain, etc. C'est très commode pour botter le cul des gens au nom du "Bien" futur et très hypothétique à venir.



Portrait de achan

"Donc la Chine est un pays socialiste avançant officiellement vers le communisme et cela se traduit dans les fait par une clique de vautours responsables de millions de morts qui fait du libéralisme quand ça l'arrange et de l'étatisme quand ça l'arrange. Elle a son embrigadement idéologique dans les écoles, ou on fait croire aux pauvres des campagnes les vieilles chansons sur la révolution de demain, etc. C'est très commode pour botter le cul des gens au nom du "Bien" futur et très hypothétique à venir."

Donc tu serais d'accord pour dire que les dirigeants chinois sont communistes pour la galerie seulement?

Ça ne me semble pas un critère extravagant pour déterminer si quelqu'un est communiste ou non de chercher a savoir si il est sincère. Cela dit en notant qu'on peut être sincère et dangereusement plein d'illusions. On pourra appliquer la même règle a n'importe quelle idéologie. Je parle de sincérité parce que comme tu le dis, si on devait attendre la réalisation d'objectifs utopiques comme critère, il resterait pas grand monde. Sans compter que ça exclue de fait tout ceux qui n'ont pas réalisé les objectifs mais s'y efforcent, que du coup on ne saurait pas trop ou ranger.

Comme tu le dis, les dirigeants chinois ne donnent pas vraiment l'impression d’être sincères dans leur recherche de la société sans classe et l'abolition du salariat, ça ne me parait donc pas extravagant de dire qu'ils ne sont pas communistes.

Alors effectivement, même avec ce critère je ne vois pas de gouvernement qui puisse être dit communiste. C'est assez logique d'ailleurs ne serait ce que parce qu’on ne peut pas attendre d'un gouvernement qu'il abolisse de lui même l'Etat qui lui donne son pouvoir. C'est sans doute a ça qu'on reconnait une idéologie qui a du plomb dans l'aile.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de Nikki2

"Donc tu serais d'accord pour dire que les dirigeants chinois sont communistes pour la galerie seulement?"

Ca veut rien dire. Par exemple, n'importe quel quidam peut dire "Le Pape n'est pas chrétien, il ne respecte pas ceci ou cela écrit dans les évangiles". Et en effet le Pape ne vit pas sous un pont, dans la pauvreté absolue. Donc on pourrait se dire qu'il n'est pas "chrétien" ni catholique. Sauf que voilà, il est le chef de l'Église. Il en va de même avec les partis communistes : ils sont historiquement fondateurs du communisme, on s'en fiche de savoir leur degré d'orthodoxie. Au reste, il m'étonnerait beaucoup qu'il n'y ait pas de vrais communistes dans le PCC.

Le communisme est impossible mais les partis communistes existent. Ils s'appellent comme ça, dont acte. À soutenir l'inverse on dédouane les tenants de cette idéologie qui, échec après échec, invoquent l'excuse de la "trahison". Il me semble qu'au vu de l'effondrement des partis communistes dans nombre de pays, les peuples concernés ont tiré les mêmes conclusions que moi : partis communistes et communisme sont une seule et même chose.



Portrait de luinil

Tu confonds donc une idée et un partit politique.

C'est un peu comme si tu disais que la Corée du Nord est une démocratie car elle s'appelle la République Démocratique de Corée.



Portrait de Nikki2

La Corée est communiste, elle est dirigée par un parti unique qu'est le PC nord coréen. L'appellation officielle du pays est totalement anecdotique. En outre, la démocratie ne relève pas d'un système idéologique homogène identifié à un fondateur particulier. Il n'y a pas de "Karl Marx" du démocratisme, ni de Lénine. Le terme démocratie renvoie à deux autres, au moins, "oligarchie" et "aristocratie" qui ne sont pas non plus des systèmes idéologiques mais des régimes politiques. Nuance.



Portrait de luinil

Donc un pays qui se dit démocratique n'est pas forcément démocratique, mais un parti qui se dit communiste est forcément communiste.

logique ^^'



Portrait de achan

Si on prend le critère de sincérité, l'exemple du Pape ne soulève aucune contradiction. Il y a quand même de bonnes raisons de penser que Benoit XIV est sincèrement chrétien, même si les querelles entre clochers, des protestants aux cedevacantistes, peuvent ne pas le considérer comme "vraiment chrétien". Si par contre on prend le cas des papes Borgia, la il ne fait aucun doute qu'ils n’étaient pas sincères, et ça ne me pose aucun problème de dire qu'ils n’étaient pas chrétiens bien qu'ils aient eu le titre de chef de la chrétienté.

Alors évidement, juger de la sincérité de quelqu'un c'est une opinion personnelle, on peut en discuter. Apres tout je ne suis pas dans la tête de tel ou tel. Mais on peut juger l'arbre a ses fruits, et pour le coup les fruits du PCC n'ont pas grand chose de communiste.

Soutenir que les dirigeants du PCC ne sont pas communistes ne dedouane le communisme de rien du tout. Au contraire cela souligne sa contradiction interne et indépassable: un pouvoir communiste ne s'autodissoudra jamais pour réaliser le communisme, il changera de programme pour se conserver. Dire qu'il le sont par contre revient a dire que des gros capitalistes sont communistes, ce qui est pour le moins contradictoire. Ça peut amener aussi des gens comme Vigie a avoir une vision manicheene et simpliste.

Les dirigeants du PCC ont l'air aussi sincèrement cocos que les dirigeants de Coree du Nord ont l'air sincèrement démocrates, et si il y a des cocos sincères au PCC, le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont pas tres influents...

Que les dirigeants du PCC soient les héritiers d'un système communiste, qu'ils disposent grâce a cette continuité de tout les attributs symboliques qui leurs permettent de se dire communistes tout en se comportant en oligarques capitalistes sans qu'on leur rie a la gueule, je ne le nie pas. Seulement ça ne fait pas d'eux des communistes, comme le simple fait de pouvoir se proclamer les héritiers de Saint Pierre ne faisait pas des Borgias des chrétiens. Par contre j'avoue, comme je ne suis pas l’héritier d'un quelconque système martien, la phrase "le gouvernement chinois est aussi communiste que je suis martien" était exagérée ^^.

"les peuples concernes ont tire les memes conclusions que moi"

Ouais, moi aussi il suffit que je le dise pour que tous le monde il est d'accord avec moi, c'est bien pratique. Plus sérieusement, il n'est pas nécessaire de considérer que tous les dictateurs qui se réclament du communisme (comme le PCC) sont communistes pour avoir de bonnes raisons de penser, comme moi, que le communisme mène droit a l'impasse et ne pas voter communiste.

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de luinil

Le communisme politique est peut être une impasse, mais le communisme économique pas forcément, mais il faut que des conditions précises soient réunies pour qu'il fonctionne :
Il faut que le niveau d'automatisation de l'économie soit assez élevé pour que le travail ne soit pas une obligation mais un choix. Il faut que le travaille ne soit plus une manière de se nourrir, mais une activité d'enrichissement personnelle.
A noter que ce communisme "automatisé" devra et pourra laisser sa place a l'initiative individuelle, contrairement au communisme actuel.

On y est pas encore, et donc le communisme échoue, mais on s'y dirige : aujourd'hui l'automatisation est arrivée à un niveau ou elle empêche le plein emploi, la croissance ne crée par assez d'emploi pour compenser les emplois perdu par gains d'automatisation, et on a donc besoin de moins en moins de personnes pour faire fonctionner l'économie.

Actuellement on a besoin que la grande majorité des gens travaillent pour qu'elle tourne, et donc le communisme n'est pas possible. Demain, probablement avant 100 ans (l'avancement des technologies étant exponentiel, ça va venir très vite), on va se retrouver avec une économie fortement automatisée offrant peu d'emplois.

Le problème dans cette situation c'est que les revenus économiques se concentrent uniquement sur les propriétaires du capital, laissant la grande majorité de la population sans revenus, et c'est là que le système actuel ne fonctionnera plus, et ou un système d'inspiration communiste pourra fonctionner, à la Star Trek pour ceux qui connaissent.



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