Philippe Picquier, un éditeur qui fait découvrir l'Asie au public français

A l'occasion du Salon du livre à Paris, qui se déroule jusqu'au 18 mars, Philippe Picquier explique à Aujourd'hui le Japon sa passion pour l'Asie

Pourquoi êtes-vous devenu éditeur, spécialiste de la littérature asiatique ?
 
Comme toujours dans la vie, c'est le résultat d'une série de coïncidences. Déjà adolescent, j'étais attiré par l'Asie centrale, je lisais L'empire des steppes et puis, petit à petit, je me suis intéressé à la Chine et comme j'étais dans un milieu qui était plus attentif à l'Asie que moi, j'étais bien entouré. J'ai commencé à travailler dans l'édition et dans les années 80, le marché était favorable car enfin, il y avait une réelle ouverture à la littérature étrangère, donc j'ai pu concilier ma passion, mes amitiés et le marché! Mais c'est un véritable travail de l'ombre, car je ne parle pas toutes ces langues et je travaille avec des interprètes et des traducteurs, ce qui n'empeche pas les bonnes questions. Une maison d'édition se construit avec des rencontres, il faut trouver ce qui est riche en eux et ce qui peut intéresser les autres. Il faut donc savoir comment découvrir et comment mettre en valeur les auteurs, voici d'ailleurs un des intérêts du salon du livre.

Comment voyez-vous l'avenir ?

 
Nous avons eu une bonne année 2008 et comme tout le monde, nous nous demandons ce qui va se passer en 2009. Je me fais du souci mais je ne suis pas trop inquiet: c'est un défi qui s'annonce pour gérer les affaires plus habilement. Des Cassandre nous annoncent la fin du monde, la fin du livre papier et l'invasion du livre numérique. On va évidemment numériser notre catalogue petit à petit, comme nous avons vu le cadavre du disque dans le domaine de la musique, nous savons qu'il faut être vigilant, que nous devons nous préparer. Mais le livre physique n'est pas mort! L'éditeur va voir son boulot changer mais celui-ci ne sera pas de moins bonne qualité. Il y aura toujours de la pensée à faire circuler, ce n'est pas le contenant qui est primordial mais le contenu!

Le public français s'intéresse-t-il à la littérature asiatique ?
 
Oui! Notre conception du monde a changé, les livres déjà publiés ont permis cette évolution des mentalités et le plus grand  désir de reconnaissance des auteurs asiatiques rejoint notre désir de connaissance. Nous vivons donc une époque formidable qui nous permet de publier plus facilement. La presse est également plus ouverte et nos auteurs ne sont pas réservés à une petite élite: au contraire, je ne me revendique pas comme un spécialiste mais comme un éditeur généraliste!

Que pensez-vous de la littérature au Japon ?

Je reviens de Tokyo où j'ai rencontré des écrivains de grande qualité. A chaque fois que j'y vais, je fais la connaissance d'auteurs qui me donnent envie de les publier. Pour nous, les choses ont vraiment changé ces derniers temps quand le public  a compris qu'il y a toujours des écrivains japonais aussi bons que les autres auteurs étrangers. Il suffit de lire par exemple, Sôkyû  GENYÛ  pour le comprendre.


Image of Le Monde comme horizon - Etat des sciences humaines et sociales au Japon
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