Pourquoi le Japon double sa TVA

Les consommateurs nippons vont devoir ouvrir leur porte-monnaie : le Parlement japonais a décidé d'une augmentation conséquente de la TVA, qui doublera d'ici 2015. Mais pourquoi l'archipel a-t-il besoin de prendre une mesure si impopulaire ?

C’est une petite révolution fiscale qui vient d’avoir lieu au Japon. Après de longues semaines de discussions parlementaires, la Chambre haute a finalement entériné le 10 août dernier une augmentation de 5 points de la TVA. Objectif principal : sauver le système de sécurité sociale dans un pays où le déficit public est évalué à 200 % du PIB national.

Fixée actuellement à 5 %, la TVA doit passer à 8% en avril 2014 puis à 10% en octobre 2015. Le Japon qui se faisait une fierté d’avoir une faible taxe sur la consommation n’a pu échapper à une telle réforme. Avec un déficit colossal et une population qui ne cesse de décliner au profit des personnes âgées, le coût du système social japonais (retraites, santé…) apparaît comme une bombe à retardement. Le gouvernement japonais savait qu’il fallait agir vite.

En effet, comment subvenir à ces dépenses si actuellement 2,5 personnes travaillent pour un seul retraité ? En 2050, les prévisions tablent sur 1,2 actif pour un retraité, alors que le rapport était respectivement de 9,1 pour 1 en 1965…
Le nouveau seuil de la taxe sur la consommation devrait permettre de récolter 13 500 milliards de yens par an. Le gouvernement envisage même de ramener l’équilibre budgétaire du solde primaire (terme un peu technique) d’ici 2020. Toutefois, pour beaucoup, notamment les jeunes, cette réforme sera insuffisante et les efforts devront se poursuivre dans les années à venir.

Un accord inédit

Que peut-on retenir de cette réforme ? Un édito du Mainichi (centre) considère cet événement comme historique. Selon lui, deux choses sont à retenir. Tout d’abord, la politique fiscale, jusque-là constamment tournée vers la réduction des taxes, se porte désormais vers une augmentation pure et simple de celles-ci. Un changement de cap radical. Par ailleurs, l’accord trouvé entre les trois principaux partis est inédit. Le PDJ (démocrate), parti au pouvoir, a su trouver le compromis nécessaire avec les deux principaux partis d’oppositions, le PLD (droite) et le Nouveau Komeito (centre).

Un journaliste réputé du Mainichi poursuit : un tel accord n’aurait pas été possible par le passé, notamment dans les années 90. Auparavant, l’opposition n’avait de cesse de barrer la route au gouvernement en place, refusant de soutenir ce genre de réforme impopulaire. Toutefois, il semble que le Japon n’ait plus le temps de rester dans l’impasse politique. « Nous ne pouvons pas continuer de faire porter sur les générations futures le paiement du système de sécurité sociale actuel », a rappelé le premier ministre Yoshihiko Noda le jour du vote à la Chambre haute.

Outre la nécessité la nécessité d’agir face au déficit public, il semble que l’épisode Fukushima y soit également pour quelque chose. C’est dans un esprit d’intérêt national et de redressement rapide du pays que les trois principaux partis ont voté ensemble ce projet de loi.

Elections législatives à l’automne prochain ?

S’il y a eu entente entre les partis, cela n’a pas été sans âpres négociations. Afin d’obtenir à tout prix la tenue rapide d’élections législatives, le PLD, parti d’opposition majoritaire à la Chambre haute, avait menacé jusqu’au dernier moment de ne pas voter le projet de loi sur la TVA. Mais le premier ministre Noda a finalement cédé. Ainsi, des élections générales afin de nommer le nouveau chef de gouvernement auront lieu prochainement sans qu’aucune date ne soit fixée.

Dans le même temps, les deux grands partis, PDJ et PLD, ont prévu d’élire en septembre leur nouveau président. Compte tenu du calendrier, nombreux sont ceux, au sein des deux formations, qui souhaitent désormais que les élections générales se tiennent à l’autonome prochain, c’est-à-dire en octobre ou novembre.

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Portrait de Dandy

Cette mesure ne suffira pas à log terme, mais les politiques sont sur la bonne voie me semble t-il..



Portrait de ObiOne

Hmm, en tout cas je sais pas si la voie de la politique a vraiment changé... "ouais c'est une mesure super urgente, prenons tous ensemble des décisions... ah mais non pas gratuitement, allez je te fais une ristourne ca te coutera juste ton poste".



Portrait de achan

Bah, Noda ça fait bientôt un an qu'il est premier ministre, ça pouvait pas durer comme ça éternellement non plus. Y en a plein d'autres qui attendent la place ^^

Contra negantem principia non est disputandum.



Portrait de Nikki

Une mauvaise solution pour un problème insoluble. Hormis faire payer la population sur sa consommation quotidienne, il n'en résultera rien à part un ralentissement de l'activité globale. Le Japon a des problèmes structuraux qu'il ne veut pas régler, à commencer par l'effondrement brutal de sa démographie et la rapacité hallucinante de son patronat, sans parler du parasitisme d'énormes cliques de fonctionnaires. Mais dans ce genre de régime oligarchique, on préfère se retourner vers le populo et le faire cracher.



Portrait de Phong

Nikki: Tu parles de resoudre des problemes comme "l'effondrement brutal de sa demographie". Je ne crois que ca puisse se faire sans un minimum d'argent a investir (que ce soit pour rendre l'ecole gratuite ou pour donner des allocations pour les familles les plus demunies, etc..).

Apres que tu te plaignes que le japon n'utilise pas cet argent a bon escient pour regler ces problemes, je te rejoins. Mais quelque soit la methode utilise, elle devra malheureusement passer par une augmentation des taxes.



Portrait de Nikki

En effet, ces problèmes n'ont pas été réglés à temps et il est trop tard. Il n'y a aucune bonne solution. Du moins aucune qui puisse satisfaire tout le monde. Pour l'heure, c'est le court termisme qui prévaut, au profit du grand patronat japonais. Espérons que cela change mais vu la conscience politique moyenne du Japonais, on peut s'inquiéter.



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