Toyota : la chute d'un mythe japonais
Au grè des rappels de voitures et des arrêts de production, le groupe automobile perd sa place de n°1 mondial et voit son modèle prendre l'eau de toute part.
Toyota n'aura pas gardé sa couronne longtemps : c'est General Motors qui sera en 2011 le n°1 de l'industrie automobile mondiale. Le géant américain, reprend une place de leader qu'il avait tenu pendant près de 70 ans avant de la perdre au profit de son concurrent japonais en 2008.
A cette date encore, Toyota paraissait invincible : non seulement la marque vendait plus de voiture que ses concurrents, mais elle dégageait un profit 6 fois supérieur à volume égal, et jouissait d'une réputation de fiabilité au niveau international.
Trône fragile
Rien ne laissait penser que le Japonais allait s'endormir sur ses lauriers : croissance forte, ouvertures d'usines et projets de conquêtes sur tous les marchés du monde.
La chute a été rude, au vu de la réunion de ce mardi, durant laquelle les dirigeants de la première entreprise japonaise ont annoncé des bénéfices en retrait de 72% au premier semestre 2011-2012.
Dès 2008, à peine installé sur son trône, la crise financière frappe le monde et Toyota n'est pas épargné. Mais pendant que GM, leader déchu, a un genou à terre et menace même de ne pas se relever, la compagnie nippone peut jouer sur ses réserves de liquidités pour se relancer.
Le groupe s'appuie aussi sur sa réputation : ses gammes sont modernes et renouvelées rapidement, et ses véhicules au dessus de tous soupçons du point de vue de la qualité. Une image que Toyota a su adapter à l'air du temps, notamment via sa Prius, voiture hybride la plus vendue de la planète, et fierté écologique de la marque.
Image rouillée
C'est justement cette confiance du consommateur qui va littéralement exploser en route le 28 août 2009 : une Prius à la pédale d'accélération défectueuse, et 4 morts dans un accident de la route aux États-Unis, le plus grand marché étranger du constructeur japonais. La presse s'acharne et la polémique enfle : de nombreuses plaintes avaient été ignorées par le constructeur, qui s'était laissé convaincre de sa propre infaillibilité.
Mauvais soudage de poulies, tapis de sol amovibles, sous la pression des médias, de plus en plus de défauts de construction sont mis à jour et c'est plus de 16 millions de voitures qui sont rappelés en deux ans. Derniers épisode d'une série destructrice pour ses ventes dans le monde, le rappel mercredi de 550 000 Toyota et Lexus, la marque de luxe du groupe.
« Beaucoup de facteurs négatifs sont venus s'empiler les uns après les autres », soupire Satoshi Ozawa, directeur financier de la 5ème entreprise mondiale. Le contexte n'aide certes pas : la catastrophe du 11 mars met un coup de frein à l'économie japonaise et oblige le groupe a fermer certaines de ces usines.
Le géant pense pouvoir se remettre à flot rapidement, mais c'est cette fois ses sous-traitants Thaïlandais qui subissent des inondations.
Trop de confiance, trop d'appétit
Toyota crie à la malédiction, les analystes objectent : ces chocs auraient pu être encaissés si la qualité avait continué à être au rendez-vous. Les dirigeants ont par ailleurs feint d'ignorer le cours très avantageux du Yen pendant des années, et se plaignent aujourd'hui de son envolée. Trop de confiance et trop d'appétit, pour une direction qui s'était fixé depuis le début des années 2000 un but quasi-obcessionel: devenir n°1.
« Toyota a investi de façon agressive, sa croissance s'est emballée, il a fallu suivre le train au détriment de la qualité. D'où tout ces rappels », explique Mizuno Tatsuya, analyste financier japonais au micro de France 24.
La descente du piédestal est d'autant plus violente que les critiques pleuvent sur le modèle « toyotiste », un management « sans gras » où tous les maillons de la chaîne de production opèrent à flux tendus. En France , par exemple, c'est cette gestion qui est dans le viseur des débats sur la dépression au travail.
Aux États-Unis, les grandes enseignes nationales appuient leur communication sur les conséquence de ce type de gestion en matière de sécurité, alors même que pour préparer l'après-crise, elles réforment leurs usines sur le modèle du Japonais.
Médaille de bronze
Toyota n'est donc plus premier et doit même se contenter de la médaille de bronze, face aux excellent résultats de Volswagen, qui talonne un GM ressuscité et plus que jamais combatif.
Avec des ventes en recul de 18,5% dans le monde, Toyota n'aborde pas l'avenir sereinement. La direction est d'ailleurs consciente de sa chute : elle s'est abstenue de toute prévision de vente et de chiffre d'affaire pour les 6 prochains mois.
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Bon GM a réussi à revenir des abysses pour finir 1er donc pas de quoi paniquer pour Toyota.
Les premier qui voulait passer à l’électrique...franchement, ça augure rien de bon si on relève pas vite la tête...
Les Japonais sont malins et inventifs, mais ils ne sont pas de bons gestionnaires. Dans les années 60-70-80, ils avaient l'avantage d'être une des seules économies dynamiques de toute la région. Mais plus l'économie se mondialise, plus ils se retrouvent à la traine. Cela est visible dans de nombreux secteurs de l'économie,et aussi dans de l'éducation ou la politique.
Kankei, Les Japonais ne sont ni malins ni inventifs ni mauvais gestionnaires, ce sont des qualités et des défauts personnels pas d'un peuple entier.
La fulgurante ascension de l'économie nippone est due à beaucoup de travail mais aussi à l'opportunité d'avoir été à la bonne place au bon moment. Elle a profité de la guerre froide et des conflits coréens et vietnamiens, elle a profité des malaises sociaux et économiques des pays occidentaux en étant un outsider moins cher lorsque la société de grande consommation commençait. Le Japon a utilisé sa société militarisée comme une arme économique.
Une erreur pour le Japon est d'avoir cru que son ascension était le fait de son seul génie national en préférant oublier que la conjecture lui a été favorable, un peu comme un outsider peut gagner une course quand le favorit est malade.
Une autre erreur est de vouloir répéter le même modèle sans s'apercevoir que les temps ont changés. On ne se baigne jamais dans le même fleuve.
Le Japon n'est pas fini, loin de là, mais il est très peu probable qu'il retrouve le lustre passé.
La conspiration pour s'emparer du pouvoir, la manipulation pour le garder.
"Les Japonais .... ne sont pas de bons gestionnaires. "
C'est en étant de mauvais gestionnaires qu'ils sont devenus la deuxième économie mondiale avec une balance commerciale excédentaire et la monnaie la plus forte du monde. Alors soyons, nous aussi de mauvais gestionnaires...
Electrique ? Toyota n'est pas du tout favorable à la voiture électrique, d'ailleurs ils n'en n'ont jamais commercialisé. Les hybrides de Toyota ne sont pas des voitures électriques, on n'a pas besoin de les recharger comme les voitures électriques.
Comme slv le décrit fort bien, l'économie japonaise a profité d'une conjoncture particulièrement profitable pendant les années de la guerre froide, étant la seule économie de la région à avoir un accès privilégié avec les économies américaines et européennes et à avoir misé sur les hautes technologies. Peut-être avec la Corée du Sud. Mais on constate un long déclin de l'économie japonaise et de l'image des produits japonais au fur et à mesure que l'économie se mondialise. Et puis avez-vous déjà travaillé dans une entreprises japonaises? Peut-être vous rendriez-vous compte. Les japonais ont un modèle de gestion particulier qui fonctionne tant qu'ils restent entre-eux. Mais aujourd'hui, ce n'est plus possible et leur modèle n'est pas très compétitif.
Toyota Onnaing ça ne fonctionne pas alors ? C'est l'entreprise la plus profitable d'Europe. Exporte jusqu'à 95% de sa production française (voir les bilans sur http://www.societe.com). Ça ne fonctionne pas ?
Le "système Toyota" n'existe pas.
En 2012 Toyota a "rechuté" brutalement à la place de premier constructeur mondial. Il aura réalisé un bénéfice ridicule de 10 milliards de $ seulement.
En France, alors que les ventes d'automobiles s'écroulent, Toyota progresse de 12 % seulement.