Travail au Japon : Tokyo distribuera les bons points

Pour soigner l'attractivité professionnelle du pays, le gouvernement annonce la mise en place d'un système de points récompensant les immigrants les plus désirés. Les bons scores auront le droit à des règles d'immigration adoucies.

L'immigration semble être un casse-tête perpétuel pour le gouvernement japonais. D'un côté, la volonté de préserver l'emploi national face à l'arrivée de travailleurs étrangers, attirés par les salaires et le faible taux de chômage de l'archipel. De l'autre, une population vieillissante et une économie moribonde qui rendent nécessaire le recours à une main d'œuvre extérieure qualifiée.

Devant ce dilemme, les autorités ont jusqu'à présent joué la carte du protectionnisme, en renforçant la lutte contre le travail illégal, et en durcissant les règles d'accès à un permis de travail ou de résidence. Elles souhaitent aujourd'hui soigner l'attractivité professionnelle du Japon, en récompensant l'immigration de qualité, rapporte le Yomiuri Shimbun.

Bons points

Le ministère de la Justice a annoncé la mise en place dès le printemps 2012 d'un « système de points » qui profitera aux postulants à un permis de travail dans le pays. Les bons scores permettront d'adoucisser les règles d'immigration.

Ces « bons points » se cumulent en fonction du parcours universitaire, des éléments de carrière, ou encore du revenu annuel, et des bonus seront attribués à ceux qui ont travaillé pour des entreprises soutenues par le gouvernement japonais ouà ceux disposant de diplômes nippons. Les détails du système restent pour le moment flous, mais il « permettra de cibler les qualifications dans trois secteurs : recherche universitaire, expertise technologique de haut-niveau, gestion et administration d'entreprise », explique un représentant du ministère.

En somme, plus le score est grand, plus le travailleur est jugé utile aux besoins du pays, et plus son arrivée est encouragée. Les autorités traiteront prioritairement les demandes de permis de travail des bons élèves, et faciliteront leur accession au permis de résidence permanent – 5 ans d'ancienneté sur le territoire au lieu de 10. Les meilleurs scores donneront en outre le droit à un allégement des règles concernant le travail du conjoint ou l'accompagnement familial.

Problèmes de croissance

L'annonce ne fait pas de référence au sort de ceux qui se verront attribuer un petit score, et se concentre sur l'amélioration de l'attractivité du pays. Ces mesures sont présentées comme le volet immigration de la « Stratégie de croissance nouvelle » mise en place par le gouvernement japonais. Elle a pour but d'attirer la créativité et l'excellence internationale, dans un pays dont le modèle, basé sur l'innovation technologique, paraît s'essouffler.

Si le barème de point n'est pas encore entièrement fixé, c'est que le Ministère de la Justice conduira une consultation avant de le mettre en place. Tokyo avait déjà sollicité les suggestions du public pour sa réforme de la loi sur le contrôle de l'immigration, en cours depuis 2009. Les autorités avaient alors dû faire face à une pluie de critiques émanant des expatriés, des associations de défense des droits de l'homme, comme du patronat.

Cette fois, les réactions paraissent plus favorables, « c'est un premier pas pour un pays plus ouvert », explique un spécialiste à Bloomberg, mais pour « maintenir sa compétitivité », le Japon devra aussi « s'attaquer aux barrières culturelles et linguistiques ». D'autres mesures de ce type sont à prévoir dans le futur, car la démographie est alarmante : en 15 ans, le nombre de Japonais en âge de travailler a baissé de 8%.

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Portrait de TVIP

Déjà qu'ils incitent les entreprises qui embauchent des étrangers à sponsoriser les visas. On n'a jamais vraiment su pourquoi elles ne voulaient pas sponsoriser et cherchaient des personnes avec des spouse, permanent ou working holidays, quitte à prendre des personnes pas qualifiées pour le poste, actuellement les entreprises favorise le statut du visa plutôt que les aptitudes propres. Seuls les entreprises qui expatrient leurs salariés sont plus regardantes. D'un côté c'est bien, on peut venir et n'avoir aucun bagage, épouser je sais pas qui et finir cadre grâce à son visa et parce qu'on parle anglais. D'un autre côté des gens qualifiés doivent se contenter de postes comme profs car ils n'ont pas les bons visas.

Ils ne comprennent pas que pour attirer l'immigration de qualité comme ils disent ce n'est pas qu'un problème de visa mais aussi un problème de la vie sur place et de ce qu'ils ont à proposer à ces personnes. Ce n'est pas pour rien si les entreprises qui font venir des expats ne lésinent pas sur les dépenses pour les attirer et les retenir ici, mais même cela ça ne suffit plus. Les gens préfèrent aller dans d'autres pays asiatiques où la qualité de vie est meilleure.



Portrait de shitakunai

ils sont bons ces JP: de pire en pire.
c'est une maniere de dire qu'ils ne laisserons pas entrer les boulets comme la france laisse faire.



Portrait de momix

Alors, le coup des points, c'est pas mal ! J'ai l'impression que le gouvernement japonais aime bien mettre les gens dans des cases.... déjà, c'est mal parti, car un haut potentiel ou une main d'oeuvre très qualifiée (enjeu qualitatif) est à traiter autrement qu'un travailleur manuel dans un domaine porteur (enjeu quantitatif).

Bon, j'allais donner l'exemple des USA, mais même eux ne savent plus gérer la main d'oeuvre qualifiée internationale depuis quelques années.

Finalement, comme le dit TVIP, les pays comme Hong-Kong ou Singapour deviennent plus intéressants.



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